Thursday, August 2020

Crise du FFS, ce que révèle la dernière réunion du conseil national  

Le front des forces socialistes (FFS) traverse une crise sans précédent après la démission d’Ali Laskri de l’instance présidentielle voulant provoquer un congrès extraordinaire. La session du conseil national tenue hier a été clôturée vers 1h30 du matin sans qu’une décision soit prise concernant la tenue ou non d’un congrès extraordinaire. Cependant, les membres du conseil national ont arrêté la date du 9 mars prochain pour tenir un conseil national extraordinaire qui tranchera probablement la question.

En effet, le siège national du FFS a connu hier pendant toute la journée et jusqu’à très tard dans la soirée la tenue d’un conseil national dans un climat très tendu. La crise du FFS, faut-il le rappeler, dure depuis des mois, mais elle a été accentué par la démission de l’instance présidentielle d’Ali Laskri, ce qui « dissout » statutairement cette instance qui ne peut pas fonctionner avec deux membres. L’exclusion de Rachid Halet en décembre 2016 et la démission de Saida Ichalamène il y a quelques mois, puis la démission de Laskri ont mis fin à l’existence de cette instance. Ainsi, le FFS se trouve dans l’obligation d’appliquer l’article 48 des statuts qui stipule qu’un congrès extraordinaire pour élire un nouveau présidium. Mais, une partie de la direction s’oppose à cette option.

L’inéluctable congrès extraordinaire

Selon nos informations, cette réunion du vieux parti de l’opposition ne s’est pas du tout déroulée dans le calme. Des échanges violents entre les partisans et les opposants à la tenue d’un congrès extraordinaire ont eu lieu. Les uns accusent les autres de vouloir piétiner les statuts en refusant le congrès extraordinaire, les autres avancent l’argument des délais dépassés du congrès ordinaire et du coup « le congrès ordinaire prime sur l’extraordinaire ». La question du congrès ordinaire pose plusieurs problématiques vis-à-vis des statuts du FFS. Selon plusieurs membres du conseil national, « le congrès ordinaire ne peut être convoqué que par l’instance présidentielle (IP). Cette dernière n’existe plus. Donc il faut élire une nouvelle IP pour pouvoir organiser un congrès ordinaire. L’élection de la nouvelle IP ne peut se faire que par un congrès extraordinaire ». Si on se fie aux textes du parti et aux arguments des ses membres du conseil national, les partisans du congrès ordinaire, notamment un des membres de l’ex-instance présidentielle à savoir Aziz Balloul, sont dans l’impasse et ne peuvent en aucun cas imposer l’option du congrès ordinaire. Néanmoins, M. Baloul et ses partisans ne semble pas admettre cette réalité pour des raisons « de rapport de force interne qui lui sont défavorable ».

Aziz Baloul et ses partisans dans la tourmente

Pendant toute la semaine qui a suivi la démission de Laskri, seulement deux membres de la direction du parti se sont exprimés publiquement. Il s’agit du membre de l’ex-instance présidentielle, Aziz Baloul, et du membre du comité d’éthique, Mohamed Nebbou. D’ailleurs, ce dernier a été rapidement rappelé à l’ordre par le premier secrétaire, Hadj Djilani. Les deux, se sont prononcés contre le congrès extraordinaire, ce qui laisse entendre que le premier secrétaire est « décidé à appliquer les statuts », à savoir la tenue dans les brefs délais d’un congrès extraordinaire. Selon nos informations, le coordinateur du comité d’éthique, Karim Baloul, la députée Salima Ghazali, le député Chafaa Bouaiche et le président de l’APW de Tizi Ouzou, Youcef Aouchiche, sont aussi contre le congrès extraordinaire. En outre,  » la majorité des membres du conseil national, tenue hier, se sont prononcés pour un congrès extraordinaire », nous ont révélé les mêmes sources. Mais que cache cette rivalité entre les deux camps de la direction de cette formation politique fortement affaiblie par les dissensions internes ?

Effectivement, cette rivalité n’est pas anodine et pose plusieurs questions sur les motifs des uns et des autres de s’opposer si violemment. Des fuites d’information, font état d’une bataille de contrôle de l’appareil du parti. Ainsi, le groupe d’Aziz Baloul, préparait la mise à mort d’Ali Laskri et du premier secrétaire, Mohamed Hadj Djilani, afin d’aller vers un congrès ordinaire taillé sur mesure, avant que Laskri les prend de court et provoque la dissolution automatique de l’instance présidentielle. Par cette démission, Ali Laskri a renversé les rapports de forces en se taillant également une majorité confortable au conseil national et retourne la situation en sa faveur.

Il faut dire que le parti du feu Hocine Ait Ahmed sombre dans les conflits internes et doit sortir très rapidement de ce brasier en appliquant certes les textes du parti, mais aussi en organisant un congrès rassembleur permettant le retour des cadres marginalisés, exclus ou démissionnaires. C’est du moins ce que demandent plusieurs anciens cadres depuis la mort de Ait Ahmed.

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