Friday, October 2020

Migrants, les ahmadis, liberté de la presse ….le rapport accablant d’Amnesty International sur l’Algérie

Amnesty International a dressé, dans son rapport annuel publié ce jeudi, un tableau sombre des libertés, et des droits de l’Homme en Algérie. Il a été en effet mentionné dans ce même rapport l’emprisonnement arbitraire, des restrictions injustifiées, des poursuites judiciaires contre les membres d’une minorité religieuse, mais et aussi des procès inéquitables et expulsions massives de migrants.

« Cette année encore, les  autorités (algériennes) ont arrêté et poursuivi en justice des militants pacifiques, dont des personnes qui manifestaient contre le chômage ou au sujet des services publics », note d’emblée l’ONG dans son document faisant référence au cas du journaliste Saïd Chitour arrêté « sur des soupçons d’espionnage » et de « vente de documents classés secrets à des diplomates étrangers ».

Aussi, en matière des libertés de religion et de conviction, l’Algérie, reste selon Amnesty International, un mauvais élève puisque, les chiffres à l’appui, l’ONG fait état de  « plus  de 280 membres du mouvement religieux minoritaire ahmadi ont fait l’objet de poursuites en lien avec leurs convictions ou pratiques religieuses durant l’année ».  « À partir d’avril, les tribunaux ont remis en liberté 16 ahmadis après avoir réduit leur peine ou leur avoir accordé un sursis, mais des dizaines d’autres faisaient toujours l’objet d’une enquête ou de poursuites et cinq étaient encore en détention à la fin de l’année », souligne  Amnesty International rappelant dans le même contexte, que le chef de la communauté était mis en cause dans six affaires différentes (…), toutes découlant de l’exercice de sa foi », dénonce-t-elle.

La chasse aux  réfugiés et  migrants continue

L’Algérie, reste selon l’ONG, un pays « peu accueillant pour les réfugiés et les migrants » mettant en avant l’affaire des réfugiés syriens bloqués entre les frontières de l’Algérie et celles du Maroc.  « D’avril à juin, un groupe de 25 réfugiés syriens, dont 10 enfants, est resté bloqué dans la zone tampon entre le désert marocain et l’Algérie », a rappelé l’ONG soulignant par ailleurs qu’en juin de la même année, les autorités algériennes avaient  annoncé qu’elles allaient les autoriser à entrer en Algérie et permettre au Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) de les aider. Cependant, regrette l’ONG, elles ont par la suite refusé de les laisser entrer à un point de passage non officiel. « Les réfugiés sont restés bloqués dans le désert jusqu’à ce que le Maroc leur accorde une protection », a encore relevé l’ONG. Ce n’est pas fini. Dans son rapport annuel, Amnesty International a condamné  l’arrestation arbitraire sur la base « un profilage ethnique » ainsi que l’expulsion forcée  par les autorités, de plus de « 6 500 migrants originaires de divers pays d’Afrique subsaharienne vers les États voisins du Niger et du Mali ».

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