Tuesday, December 2018

Exclusif : Le député Belmeddah sous la coupe d’une enquête des services de sécurité  

Les échanges d’accusation entre le député de la communauté nationale à l’étranger Noureddine Belmeddah et le porte parole du ministère des Affaires étrangères, Benali Cherif, dépassent finalement le cadre d’un conflit autour de « la bureaucratie qui sévit à l’ambassade d’Algérie en Espagne », et semble prendre une autre dimension.

Selon des informations recueillies par DMA auprès de sources fiables, le député fait l’objet d’une enquête de la part des services de sécurité, suite à ses déclarations jugées « mensongères et calomnieuses » concernant plusieurs dossiers en relation avec la représentation diplomatique de l’Algérie en Espagne.

La sortie médiatique au vitriol du directeur de la communication du MAE, n’a pas laissé le député indifférent. Il à, quelques heures après, publié un post sur sa page Facebook accusant le cadre du MAE de  « faire passer son amitié avec l’ambassadrice de l’Algérie en Espagne avant les coutumes diplomatiques ». Il promet dans le même texte un communiqué répondant au responsable du MAE. Contacté par DMA, le parlementaire avait confirmé qu’il publiera ce communiqué dimanche (hier). Il n’en est rien. Au contraire, il n’a non seulement pas fait le communiqué, mais a même retiré le premier texte de sa page officielle sur Facebook. De son coté,  Le porte-parole du MAE est revenu mercredi dernier, soit quelques heures après la courte réponse du député,  sur le sujet en affirmant que ses interventions et déclarations sont faites « exclusivement »  en sa qualité de porte-parole « officiel » du ministère des Affaires étrangères et « sur les seules instructions »  du ministre.

Lire sur DMA:  Le député Belmaddah dénoncé par le MAE 

Selon nos informations, l’ascension fulgurante de Noureddine Belmaddah intrigue le département du MAE et les hautes autorités du pays. Selon les premières investigations des services concernés, le député est soupçonné  de « falsifier un master dans une université en Espagne » pour se présenter aux élections législatives, alors qu’il n’a jamais fait des études en la matière. « Monsieur Belmaddah a le niveau de première année universitaire, qui n’a d’ailleurs jamais terminé à Oran. Il est parti en Espagne clandestinement en 2001. Quelques mois après, il a régularisé sa situation d’une manière complètement opaque », révèle notre source. « Il est quand même étonnant que ce personnage préside l’importante commission des affaires étrangères de l’APN pendant le mandat précédent au détriment d’autres députés plus compétent et au fait de ce dossier sensible », ajoute la même source.

Il faut dire que plusieurs zones d’ombre entourent cette affaire qui n’a pas encore révélé tous ses secrets. Le dossier du migrant algérien qui a été retrouvé mort dans un centre de détention en Espagne, puis l’affaire des Algériens désirant convertir leur permis de conduire au niveau du service diplomatique dans ce pays n’est que la partie visible de l’iceberg, surtout que le même député a été exclu du FLN sur « rapport disciplinaire » qui n’a jamais été abordé par les responsables du parti . Actuellement  sous les couleurs de l’ANR, le député Belmaddah risque « même l’invalidation de son élection », de part les résultats douteux des législatives de 2017 dans la zone 4 de l’immigration, confie encore notre source.

D’après nos sources toujours, les responsables du ministère des Affaires étrangères s’interrogent également sur la manière avec laquelle le député arrive à renouveler son titre de séjour en Espagne alors qu’il ne remplissait pas les conditions fixées par la loi espagnole en la matière. « Du point de vue légal le député ne pouvait pas renouveler son titre de séjours en Espagne, puisqu’il n’a pas résidé dans ce pays entre 2012 et 2017 comme l’exige la loi », révèle notre contact.

Invité à réagir sur ce qui lui est reproché, le parlementaire, s’est contenté de dire qu’il n’est pas un criminel. « Je ne suis pas un criminel », a-t-il déclaré à DMA. A noter qu’après la suppression de son poste sur Facebook, ou il répond au porte-parole du MAE, il a également posté une copie de l’article de loi protégeant les députés des différentes pressions lors de l’exercice de leur fonction. Histoire de rappeler qu’il bénéficie de l’immunité parlementaire….affaire à suivre

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