Monday, August 2020

Le 5ème congrès du RCD prévoit un nouveau nom pour le parti

Le président du rassemblement pour la culture et démocratie (RCD), Mohcine Belabbas, a  fait aujourd’hui à l’occasion de l’ouverture du 5ème congrès de son parti, le bilan politique de son mandat, tandis que le fondateur du RCD et son ex-président, Said Saâdi, a annoncé son retrait définif en tant que « militant structuré ».

Ainsi le successeur de Said Saâdi, a rappelé l’histoire des combats politiques de son parti contre «un ordre politique rétrograde et violent », soulignant l’apport du RCD aux luttes pour la démocratie et les droits de l’homme en Algérie depuis des années.

« Dans ce contexte et au regard de cet héritage, nos adversaires doivent savoir que nous sommes des radicaux », a-t-il déclaré faisant allusion à « une radicalité » relative à la souveraineté populaire. Le leader du RCD, a également met en avant ce concept de radicalité pour « dénoncer la corruption, les fraudes électorales, les passe-droits, les inégalités (…). Notre radicalisme est un antidote contre l’extrémisme », a-t-il martelé.

Rendant un vibrant hommage à son ancien président, Mohcine Belabbes a évoqué les conditions politiques dans lesquelles il a pris les règnes du parti en 2012. « Nous savions que le blocage de la scène politique algérienne exigeait impérativement une offre politique sérieuse et lisible pour combattre un statuquo aussi stérile que dangereux », a-t-il soutenu, avant de refaire l’inventaire des propositions du RCD depuis 2012.

La transition démocratique, la CLTD et la conférence de Mazafran  

« Pour nous cet événement fondateur ne pouvait atteindre ses objectifs sans la mobilisation populaire. Cet accord est certes porté par des organisations représentatives de courants ayant un écho dans notre société mais il ne pouvait et il ne peut aboutir sans l’implication des citoyens.
Sans jeter la pierre à qui que ce soit, cette voie de la mobilisation indispensable a trouvé peu d’écoute chez nombre de nos partenaires », a expliqué le président « sortant » du RCD à propos de la conférence de l’opposition de 2014.

Cependant, M. Belabbess a souligné que « la mère des problèmes dans notre pays est la fraude électorale. Tant que ce cancer ne sera pas extirpé, il est vain de chercher à connaître la représentativité des partis et leur influence effective dans le champ politique national ».

Said Saâdi tacle Ouyahia

Dans les mêmes assises, l’ex-président du RCD, Said Saâdi a annoncé son retrait définitif en tant que « militant structuré » du parti, affirmant que « d’autres défis attendent sa génération. Par ailleurs, M. Saâdi a taclé Ouyahia sans le nommer. « À travers la conférence interdite de Mouloud Mammeri en mars 1980, dont on vient de donner une version des plus contestables, on greffe une paternité douteuse à notre combat. Ce n’est pas le lieu d’épiloguer sur cette dernière supercherie mais il faudra rapidement remettre les pendules à l’heure pour que les positions de tout un chacun dans cette séquence historique soient connues dans leur pleine et entière vérité », a-t-il déclaré dans un discours prononcé lors des assises du RCD. Cette remarque de l’un des acteurs clés d’avril 80 vient, sans doute, en réponse à ce qu’a  dit Ouyahia lors du dernier conseil national de son parti à propos de l’opposition de Bouteflika à l’interdiction de la conférence de Moloud Mammeri le 20 avril 1980.

Sur un autre registre relatif aux travaux du congrès, le RCD semble vouloir changer de nom. La proposition retenue par les congressistes est de voter le nouveau nom demain lors de la plénière.  « Les progressistes » pourrait être le nouveau nom du parti fondé par Said Saâdi en 1989.

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