Monday, November 2018

5ème mandat : L’étrange positionnement d’Amara Benyounes

Le président du mouvement populaire algérien (MPA), Amara Benyounes, a une fois de plus affiché son agacement quant aux critiques relatives au cinquième mandat du président Bouteflika alors que « le concerné ne s’est pas encore prononcé » sur sa candidature ou non à la magistrature suprême du pays.

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En effet, le numéro 1 du MPA, parti de la coalition présidentielle, s’est encore distingué par un positionnement étrange concernant la présidentielle de 2019. « Je ne comprends pas comment des parties critiquent le 5ème mandat alors que le président de la république n’a pas encore annoncé sa candidature pour les prochaines présidentielles », a tonné Amara Benyounes ce samedi lors du meeting de son parti à Ain Defla.

Candidature de Bouteflika

Par cette nouvelle déclaration, l’ex-ministre et soutien indéfectible de Bouteflika, réalimente le doute quant à la possibilité d’une candidature de Bouteflika à un 5ème mandat au moment ou l’opinion nationale et internationale attendent uniquement l’officialisation de sa candidature. Elle intervient dans un contexte particulier ou les partis de l’alliance présidentielle, dont il fait partie, ont formalisé un regroupement pour soutenir le président Bouteflika. Autre élément : les capitales étrangères via leurs diplomates ou leurs médias ont pratiquement tranché la question de la candidature de Bouteflika. Faut-il rappeler, que des diplomates européens ont affirmé, sous le sceau de l’anonymat, dans plusieurs médias que « la question de la candidature de Bouteflika en 2019 est inévitable ».

Face aux deux indicateurs de ses dernières semaines, à savoir la formalisation de la coalition de l’alliance présidentielle et la presque certitude des capitales étrangères de la candidature de Bouteflika, le positionnement d’Amara Benyounes est pour le moins incompréhensible.

Soutien à Bouteflika mais …

L’ex-ministre de Bouteflika est loin d’être un opposant du chef de l’Etat. « Notre soutien au président Bouteflika ne date pas d’aujourd’hui. Depuis 1999, nous le soutenons, non pas par intérêt, mais par conviction », a-t-il clamé aujourd’hui lors de la même manifestation. Pourquoi donc refuse-t-il de soutenir clairement un 5ème mandat de Bouteflika ? Il a dit également que le chef de l’Etat est l’homme de la situation actuelle sans pour autant apporter un soutien du moins similaire à celui du secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbes.

Il est vrai que les partis de l’alliance présidentielle n’ont en aucun moment annoncé la candidature officielle de Bouteflika à sa propre succession, néanmoins plusieurs signaux politiques dont les différentes déclarations des partis proches de Bouteflika portent à croire que ses partisans balisent le terrain pour le reconduire à la tête de l’Etat. C’est dans ce sens que le discours d’Amara Benyounes est peu lisible puisqu’il suggère en filigrane que la candidature de Bouteflika n’est pas définitivement acquise.

En attendant d’autres signaux politiques plus solides, le mystère autour de la candidature de Bouteflika à un cinquième mandat reste entier. Sauf si les partis de la majorité présidentielle maintiennent le suspens uniquement pour mieux se répartir les rôles lors de la campagne électorale de Bouteflika et faire reculer le plus possible les différents critiques qu’ils peuvent y avoir derrière cette candidature.

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