Wednesday, April 2021

Ali Laskri : Pourquoi le FFS « dérange »…

Pour le Front des forces socialistes (FFS), l’institution militaire détient toujours le pouvoir en Algérie et c’est l’armée qui désigne celui ou celle qui en exercera les prérogatives. Ali Laskri, membre de l’Instance présidentielle du parti, l’a déclaré, ce samedi 18 août à Ouzellaguen (Bejaia).

« La ligne politique du FFS inviolable dérange au plus haut point le régime », estime Laskri. Elle dérange « en revendiquant la primauté du politique sur le militaire, sachant que l’armée détient le pouvoir et investit qui elle veut des prérogatives de ce pouvoir », a-t-il lâché dans son discours à l’occasion de la commémoration du 62eanniversaire du Congrès de la Soummam.

Dans ces propos, une réponse indirecte au chef d’état-major de l’armée, Ahmed Gaïd Salah qui ne cesse de rappeler, à chacune de ses sorties que l’armée ne s’immisce pas dans les affaires politiques et est consacrée à ses missions constitutionnelles.

« Ligne inviolable »

Laskri accuse le régime de prôner la continuité en « poursuivant l’option de l’alternance clanique en opposition à l’alternative démocratique », et ne cesse, selon lui, « de discréditer la véritable opposition, de l’isoler afin de la couper de la population ». Il cite entre autres moyens, réseaux sociaux, sites électroniques, blogs, presse…

La ligne politique du FFS dérange aussi, par « l’autonomie de ses principes, ses valeurs intangibles, non négociables ». Elle dérange, « par le rappel sans cesse de l’illégitimité des institutions et de leurs dirigeants non élus démocratiquement » et dérange « par le refus de Hocine Ait Ahmed d’être enterré par ce régime », soutient encore Ali Laskri, rappelant que feu Aït Ahmed « a eu droit à des funérailles grandioses et populaires ».

« Consensus populaire, pas d’appareils »

Le membre du présidium a, à l’occasion réitéré l’appel du FFS à un consensus national. Seulement, « le consensus que nous portons est un consensus populaire sain et sincère, et non un consensus d’appareil », a-t-il précisé, dans une critique aux autres initiatives de consensus proposées sur la scène politique.

Le projet du parti prône, selon le même orateur, « le changement du système ». « Le FFS inscrit son action dans la durée avec la mobilisation des citoyens et des acteurs autonomes de la société civile pour expliquer sa ligne politique, y faire adhérer la majorité du peuple  et créer un rapport de force favorable à un consensus national répondant à l’aspiration de tous pour mettre fin au régime actuel  et permettre l’avènement d’une deuxième république fondée sur le droit et la démocratie », a expliqué Laskri.

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