Saturday, December 2019

Après l’appel d’Ould Abbès à un 5e mandat : L’étrange silence des partis fidèles à Bouteflika

Djamel Ould Abbès, secrétaire général du FLN, a appelé le président Abdelaziz Bouteflika à briguer un 5e mandat à la tête du pays. Deux jours après, les partis du pouvoir et fidèles soutiens du chef de l’Etat ne se sont pas joints à la sollicitation du premier parti de la majorité.

Ni le RND d’Ahmed Ouyahia et néanmoins Premier ministre, ni le parti TAJ d’Amar Ghoul et ni le MPA d’Amara Benyounès ne se sont exprimés sur cette question. Ce qui n’est pas pour passer inaperçu à une année de l’élection présidentielle 2019 et au moment où le suspens semble avoir été « clos », selon certains observateurs, concernant la candidature de Bouteflika, après l’appel d’Ould Abbès.

Ce lundi, le chef de l’Etat a même fait une sortie dans la capitale où il a inauguré la station de métro de la Place des martyrs et la mosquée Ketchaoua. Paradoxalement, aucun mot n’a été soufflé par les partis qui devaient en profiter pour répondre aux attaques de l’opposition qui a fait de la vacance du pouvoir et de l’incapacité de Bouteflika à gérer les affaires du pays leur cheval de bataille.

Le FLN, lui, n’a pas raté l’occasion. Et c’est le président de l’APN, Saïd Bouhedja, 3e homme dans la hiérarchie de l’Etat qui, dans un discours de clôture prononcé ce matin à l’occasion d’une séance plénière consacrée à l’adoption de trois projets de lois, a estimé que « cette sortie est signe de l’importance qu’accorde le président de la République à la réalisation et l’achèvement des projets ». Le RND, TAJ et MPA eux, ont raté le train.

Il est à se demander comment se fait-il que ces trois partis ne se soient pas félicités de la visite de Bouteflika ?  Leur adhésion à l’idée d’un 5e mandat n’est-t-elle pas encore tranchée ? Les trois partis ont eu l’occasion de s’exprimer sur le sujet mais ils ne l’ont pas fait. D’abord le porte-parole du RND, Chihab Seddik qui s’est contenté de dire « Nous nous félicitons de l’appel du FLN ». Puis, Amar Ghoul qui, lors d’une rencontre avec les élus de son parti samedi dernier, a laissé entendre que « le TAJ ne ménagera aucun effort en vue de relever la présidentielle 2019, compte tenu de son importance pour l’avenir du pays». Enfin, Amara Benyounès qui n’a soufflé aucun mot à Sétif, samedi à l’occasion d’un regroupement régional des wilayas de l’Est.

A moins qu’ils doutent qu’Ould Abbès aurait agi seul dans cette démarche d’appel à un autre mandat, Ouyahia, Benyounès et Ghoul n’ont aucune autre raison de ne pas monter à bord du train mis en marche. Les jours à venir nous en diront peut-être plus…

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