Friday, April 2019

Après le « niet » d’Ouyahia, le pouvoir enterre définitivement l’offre de Makri

C’est du pouvoir que dépend toute réussite d’une initiative de dialogue entre lui et l’opposition. Le rapport de force est de son coté, les institutions de l’Etat ainsi que la société dépendent également, du moins en grande partie, du pouvoir actuel et de ce qu’il veut construire pour le pays. C’est dans ces conditions que la réaction des partis au pouvoir rencontrés par Makri dans le cadre de son offre de dialogue est déterminante pour l’avenir de cette initiative.

A la lumière des réactions de ces partis rencontrés par Makri, que reste-t-il de l’initiative de consensus national lancée par le MSP? La question s’impose, mais avec plus d’insistance voilà maintenant 24 heures après la rencontre qu’il a eue, dimanche 29 juillet, avec Ahmed Ouyahia, patron du RND. Ce dernier a, par ses réponses, enterré tout espoir de voire cette initiative réussir.

Excepté une convergence de visions sur la situation économique et ses « difficultés » ainsi que « les dangers de l’environnement international » sur l’Algérie, Ouyahia a rejeté tous les éléments d’analyses et propositions contenus dans le « consensus de Makri ». Ce projet vise finalement à trouver un candidat de consensus pour l’élection présidentielle de 2019. « Nous avons rappelé à nos partenaires du MSP notre appel au moudjahid Abdelaziz Bouteflika pour qu’il poursuive sa mission. (…) ils ne partagent pas notre position, du fait que le président est diminué physiquement », a déclaré le secrétaire général du RND.

Présidentielle 2019 : Impossible consensus

A partir de ce constat, le mot consensus devient impossible à trouver. Viennent ensuite le reste des éléments du projet. Ouyahia soutient qu’une transition politique n’est pas à l’ordre du jour car « nous n’avons ni crise, ni problèmes politiques ». Quant à l’appel lancé pour Makri pour l’intervention de l’armée, le patron du RND a insisté sur la position de son parti qui « considère l’armée comme deuxième institution, après la Présidence, qui incarne l’unité nationale » et qu’il valait mieux « la laisser en dehors du débat politique ».

Certes, Ouyahia a reçu Makri dans la peau d’un chef de parti. Pourtant, ses positions ne diffèrent de celles du Premier ministre qu’il est. Après le MPA et le FLN qui n’ont pas adopté l’offre de Makri, voilà qu’un autre parti du pouvoir lui exprime un rejet catégorique. Les trois partis, en plus du rappel à l’ordre de l’armée, regroupés, reflètent une suite de non recevoir du pouvoir politique à l’initiative.

Le pouvoir veut des alliés, pas plus

Comme pour le FFS en 2014, le pouvoir a montré à travers ses représentants, sa disponibilité au dialogue, avant de retirer le tapis sous l’auteur de l’initiative. En cet été qui précède l’échéance du printemps 2019, le pouvoir semble attaché à sa propre feuille de route ne voulant entendre aucune autre proposition. A moins qu’il s’agisse d’avoir plus de soutiens, de soigner son image par un gouvernement où siégeront plusieurs partis politiques, tout autre plan est rejeté à l’avance.

L’ombre d’El Bina et de l’ANR

Désormais, l’initiative de Makri, rejetée au sein de l’opposition comme dans le pouvoir, est condamnée à disparaître. Le subit réveil du Mouvement El Bina qui relance presque la même proposition de « consensus, l’Algérie pour tous », n’est pas anodin. D’ailleurs, à voir le rapprochement et surtout la convergence d’idées entre le parti d’Abdelkader Bengrina et le FLN, est révélateur. Si le MSP n’est pas décidé de revenir dans le gouvernement, d’autres partis le feront. Même l’ANR de Belkacem Sahli qui sera accueilli en fin de semaine par Djamel Ould Abbès semble favorable.

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