Wednesday, September 2020

Benflis estime « dangereux » un éventuel 5e mandat de Bouteflika

Ali Benflis pense qu’un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika ne fera qu’aggraver la crise dans laquelle se trouve le pays. Le président de Talaie El Hourriyet qui se montre prudent «tant que le concerné ne s’est pas prononcé lui-même ou par une voix autorisée », va plus loin, estimant que cette voie constitue un danger. « Un 5e mandat serait dangereux pour notre pays. Il sera de nature à exacerber la crise globale qui l’affecte. Ce serait un coup de force politique dans la lignée de celui constitutionnel du 7 février 2016 qui plongerait le pays dans l’inconnu », a déclaré Benflis, dans un entretien accordé ce lundi 30 mai au quotidien El watan.

Reconnaissant que les « indices » du 5e mandat soient là, Ali Benflis ne veut pas se lancer sur la crédibilité ou non de l’option, car « l’opacité qui enveloppe le champ politique ne nous donne pas assez de visibilité », a-t-il dit.

« Quel bilan ? »

Cependant, l’ex-candidat à la présidentielle de 2014, ne ménagera pas l’initiative du FLN de faire la promotion du bilan des « réalisations » de Bouteflika qui semble être une précampagne. « De quel bilan s’agit-il ? Du vide au sommet de l’Etat et de ses ravages sur le fonctionnement des institutions et la position extérieure de notre pays ? Des forces extraconstitutionnelles qui ont investi les centres de décision ? », s’est interrogé Benflis. Et d’ajouter : « De la corruption ? Du contrôle du commerce extérieur par des lobbies de l’importation ?  Du recours à la planche à billets ? (…) Et j’en passe… ».

Des questions qui brisent ce que Djamel Ould Abbès ou encore, Ahmed Ouyahia, le premier ministre, présentent comme des réalisations. Pour Benflis, il s’agit d’un bilan « invérifiable, falsifié, maquillé » ne se préoccupant « ni des coûts, ni des délais de réalisation que dénonce la Cour des comptes ».

« Je me déciderai le moment venu »

Sur sa propre candidature au rendez-vous de 2019, l’ancien chef de gouvernement admet que l’échéance est proche. « Mais, compte tenu de la gravité de la situation politique, économique et sociale, elle paraît encore lointaine », estime-t-il, ajoutant que la décision concernant une candidature à l’élection présidentielle « ne peut être prise à la légère ». « Pour ma part, je me déciderai, le moment venu, en fonction d’un faisceau de paramètres et en concordance avec la décision que prendront les instances du parti que j’ai l’honneur de diriger. Ce qui est sûr, c’est que nous aurons notre mot à dire le moment venu », conclut le président de Talaie El Hourriyet.

Pour ce qui est de l’opposition, Benflis refuse la qualifier d’inefficace.  « L’opposition algérienne est une opposition responsable. Elle a opté pour une démarche pacifique », soutient-il, avant de réitérer son appel à « un dialogue entre le pouvoir et l’opposition » pour « une sortie de crise consensuelle ».

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