Saturday, July 2019

Bensalah, chef de l’Etat : rejet unanime de la rue, des partis et de la société civile

L’accession d’Abdelkader Bensalah au poste de chef de l’Etat, à peine officialisée avec la réunion du Parlement siégeant en deux chambres, ce mardi 9 avril, commence par un rejet unanime.

L’homme est déjà contesté. Dans la rue et au sein de la classe politique. Les étudiants qui sont sortis dans la rue, à travers plusieurs wilayas, ont, quelques minutes après la fin de la cérémonie au palais de la nation, scandé « Bensalah dégage ! ». À Alger, comme à Oran, les étudiants ont crié « La Belaiz, la Bensalah, la Houkoumat el masalih » (Ni Belaiz, ni Bensalah, ni gouvernement d’intérêts).

Outre le boycott des partis de l’opposition, RCD, MSP et El Adala, et la démission du FFS et du PT du Parlement, des parlementaires se sont retirés de la séance aujourd’hui. Les députés indépendants et ceux du Front El Moustakbal, ont rejeté l’accession de Bensalah au poste de chef de l’Etat intérimaire. « Nous sommes sortis pour exprimer notre rejet que Abdelkader Bensalah préside l’Etat », a déclaré un député du parti d’Abdelaziz Belaid, appelant Bensalah « à démissionner comme l’a revendiqué le peuple ».

Le député indépendant Belkacem Benbelkacem, a expliqué avoir boycotté le congrès du Parlement « car il est synonyme d’une cérémonie d’investiture, de défiance au peuple », a-t-il dénoncé.

Immédiatement, des chefs de partis ont réagi pour rejeter Bensalah comme solution à la crise que traverse le pays. Mohcine Belabbas, président du RCD a écrit : « Pour la troisième fois de suite, on assiste à un coup d’Etat contre la volonté et la souveraineté populaire au Palais des nations, 2008, 2016, 2019 ». Ramdane Taazibt, député du PT et démissionnaire de l’APN, s’interroge « comment le Parlement de ‘’la chkara’’ peut-il désigner un chef de l’Etat ? ». « C’est un détournement flagrant de la révolution populaire », a dénoncé Taazibt sur sa page facebook.

Même au sein des partis du pouvoir, le nouveau chef de l’Etat ne fait pas l’unanimité. Slimane Saâdaoui, député du FLN a, demandé la parole lors de la séance du parlement, mais on le lui a refusé car le règlement intérieur adopté a exclut toute intervention ou débat. « Je demande à Abdelkader Bensalah de faire preuve de sagesse et de démissionner », a-t-il déclaré à la presse à la fin des travaux.

Dans la société civile, l’on parle déjà d’un mépris du peuple et on promet la poursuite des manifestations. Abdelwahab Fersaoui, président de RAJ a dénoncé « le pouvoir (qui) continue à ignorer et à mépriser le peuple algérien ». « Abdelkader Bensalah est désigné chef de l’Etat pour une période de 90 jours. Cette décision est un indice très fort que le pouvoir n’a pas de volonté politique d’aller vers un changement démocratique revendiqué par le peuple », a asséné Fersaoui qui redoute « un recyclage du système en place par l’organisation d’une élection bâclée par les mêmes symboles du système qui incarne l’échec ».

En somme, le nouveau chef de l’Etat intérimaire entame sa gouvernance par un rejet unanime des algériens pour sa personne. Le peuple est « source de tout pouvoir », dispose l’article 7 de la Constitution. Mais, Abdelkader Bensalah, malgré les cris de ce même peuple dans la rue et sur les réseaux sociaux « Besalah dégage », ne semble pas prêter la moindre attention à cet article. C’est un faux départ !

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