Saturday, December 2018

« Le consensus d’abord, la présidentielle après », le scénario fou de Makri et Ghoul  

Le président du MSP estime que l’initiative de son parti pour un consensus national trouve de plus en plus d’écho. « Les chances de l’initiative de consensus national augmentent de plus en plus », a écrit ce mercredi 5 décembre, Abderrezak Makri, sur son compte tweeter.

La sortie du chef islamiste intervient au lendemain de la surprenante déclaration d’Amar Ghoul, président de TAJ, qui soutenait mardi lors d’une conférence de presse, que la présidentielle est « secondaire » et qu’il faut aller vers « une conférence nationale de consensus sous l’égide du Président Abdelaziz Bouteflika ».

Makri ajoute, dans une allusion qui ne soufre d’ailleurs d’aucune ambigüité : « des détails de l’initiative trouvent un écho chez ceux qui avaient des réserves, ceux qui s’opposaient et ceux qui étaient embusqués », estimant que « les données de la crise ont fait revenir certains à la raison ».

Le président du MSP qui qualifie de « positifs » ces rebondissements, promet d’agir en conséquence « dans l’intérêt de l’Algérie non des ambitions des personnes ».

Report des élections présidentielles

Il y a quelques jours, Abderrezak Makri a appelé « au report des élections présidentielles ». Une proposition qui a surprit tous les observateurs, surtout qu’il n’a jamais cessé de crier sur tous les toits que « le MSP sera concerné d’une manière ou d’une autre » par ce scrutin. Mais, paradoxalement, le communiqué du Bureau national du parti, réuni mardi, n’a pas réaffirmé la proposition, se contentant de mettre en garde contre « une explosion sociale au début du mandat présidentiel prochain, à cause de la crise économique qui s’accentue ».

L’appel de Makri, comme la sortie de Ghoul, ne sont en vrai que les deux faces de la même pièce. Dans les deux propositions, l’on sera amené droit vers le prolongement du mandat de l’actuel chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika.

A conjuguer avec les appels « à la continuité » des partis de la majorité présidentielle, le FLN et le RND notamment, la thèse semble de plus en plus faire son chemin.

En tout état de cause, Amar Ghoul, connu pour être un discipliné du cercle présidentiel, se contentant de strict minimum de propos d’allégeance, doit être conscient de la portée de son initiative. S’agit-il d’une option qui est sur la table au sein des hautes sphères de l’Etat ? Ou uniquement d’un scénario fou concocté entre Makri et Ghoul ? On le saura dans quelques semaines.

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