Monday, July 2019

Consultations : quels interlocuteurs pour Bensalah ?

La présidence de la république a adressé une invitation pour une centaine de partis, organisations et personnalités pour une rencontre nationale de dialogue et de concertation fixée au lundi 22 avril au Palais des nations.

A l’exception de trois personnalités (Abdelaziz Ziari, Miloud Brahimi et Abdelaziz Belaid) reçues à la présidence par Abdelkader Bensalah, ce dernier risque de se retrouver en panne d’interlocuteur. Les partis politiques de l’opposition ne comptent pas aller à la rencontre d’un chef de l’Etat contesté. Le MSP a déjà décliné l’invitation qualifiant la rencontre de « violation de la volonté populaire ». Le président du RCD, Mohcine Belabbas, sans surprise, parle d’un « défilé des hommes du système devant Bensalah (qui) a commencé ». Comprendre que son parti ne sera jamais de la partie. Même le FNA de Moussa Touati, a rejeté la démarche de Bensalah : « une idée sans contenu », a-t-il critiqué. Au sein de la société civile, la LADDH (Aile Benissad) a dénoncé une rencontre qui « tourne le dos aux revendications populaires », estimant que le chef de l’Etat « n’a aucune légitimité à mener des consultations ou un dialogue avec les acteurs représentatifs de la société ». L’avocat, figure du mouvement populaire en cours, Mostefa Bouchachi, a, quant à lui, appelé la classe politique à « boycotter les consultations lancées par Abdelkader Bensalah ».

Partant de ce petit échantillon de la scène nationale, se dégage un rejet généralisé des consultations du chef de l’Etat qui veut coûte que coûte imposer sa feuille de route de constituer une instance de gestion des élections et aller vers des présidentielles le 4 juillet. Ignorant les appels du peuple qui revendique sa démission, Abdelkader Bensalah, a outre le rejet de la classe politique, eu le verdict de la rue, ce vendredi 19 avril.

Les millions d’algériennes et d’algériens sortis à travers les wilayas, ont exprimé leur refus du plan du pouvoir en place. En insistant sur le départ des 2B (Bedoui et Bensalah) en plus de Kamel Feniche, nouveau président du Conseil constitutionnel, le peuple aura infligé un niet catégorique au maintien du chef de l’Etat intérimaire en poste. Que dire alors de ses consultations ! Avec qui Abdelkader Bensalah compte-t-il se concerter lundi 22 avril ? Même dans le cas où il aura trouvé quelques interlocuteurs, de quelle crédibilité ces derniers jouiraient-ils pour décider au nom des algériens ? A moins qu’il ne se contente de quelques postulants et figurants pour donner l’impression d’avoir consulté les acteurs politiques avant d’annoncer l’installation d’une instance d’organisation des élections, Bensalah n’ira pas à bout de son plan. Et même dans ce cas, ce serait un forcing, voire une provocation de plus contre le peuple.

 Sur plusieurs vidéos et commentaires publiés sur les réseaux sociaux, les algériens expriment d’ores et déjà leur sentiment de ceux qui accepteraient d’aller rencontrer le chef de l’Etat. « Tous ceux qui iront pour discuter avec Bensalah ne nous représentent pas », crient d’une seule voix les algériens.

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