Sunday, May 2019

Contesté pour sa gestion unilatérale du FLN, Bouchareb face à une fronde

Au sein du parti du Front de libération national (FLN), les sorties de Mouad Bouchareb ne font pas l’unanimité. Le coordinateur de l’instance dirigeante du parti est même « contesté par ses paires », a appris DMA arabi, auprès de sources fiables. « Beaucoup de cadres dirigeants sont en colère contre le coordinateur, à cause de sa gestion unilatérale et sa politique d’exclusion, dans la prise de décision », précisent les mêmes sources.

Cette colère remonte déjà à quelques jours. Mais, la situation s’est compliquée davantage après la dernière sortie de Bouchareb à Oran et son discours provocateur, contrairement au discours apaisant adopté, depuis le début des manifestations contre le 5e mandat, par les autorités et les représentants du pouvoir. Au moment où le pouvoir cherche à absorber la colère des citoyens, le patron provisoire du FLN, fait le contraire.

Le 23 février, Mouad Bouchareb qui animait un meeting à Oran, a accusé « des gens de vouloir provoquer la fitna, mais ils ne réussiront jamais». Très vite, ses propos interprétés comme adressé au peuple, n’ont pas manqué de susciter la colère et la consternation au sein de l’opinion publique. Le FLN a été obligé, le lendemain, d’apporter des précisions sans pour autant convaincre. Le propos de Bouchareb a été « tendancieusement déformé », a souligné le parti, ajoutant qu’«en réalité, le discours était adressé aux partis dits d’opposition».

Cette manière de gérer les affaires « a poussé son entourage, notamment les membres de l’instance dirigeante, à se démarquer de lui », affirment nos sources qui dénoncent « des décisions aléatoires ». Elles veulent pour preuve, les dernières sanctions de deux militants qui n’ont pas respecté le principe de l’autorisation préalable de la direction de la communication pour intervenir dans les médias, avant qu’il ne revienne sur sa décision concernant l’un des deux, malgré les accusations de ce dernier qui a qualifié les manifestants du 22 février de « traîtres ».

Les jours de Bouchareb à la tête du FLN sont-ils comptés ? Nos sources parlent en tout cas de « contacts entre les mouhafedhs pour destituer le coordinateur de l’instance dirigeante ». Ce mouvement serait même encouragé par « la dégradation de la relation » entre Mouad Bouchareb et les parties qui l’ont intronisé à la tête du FLN. Le fait qu’il ne soit pas convoqué à assister à la cérémonie de prestation de serment de Tayeb Belaiz devant le président de la république, Abdelaziz Bouteflika, comme nouveau président du Conseil constitutionnel, est un message des plus significatifs. Bouchareb aurait même été blâmé par Abdelmalek Sellal, directeur de la campagne de Bouteflika, après sa surprenante sortie à Oran.

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