Saturday, December 2019

Crise politique: tous les acteurs veulent contribuer à l’émergence d’une solution consensuelle

En dépit des divergences d’approche et d’analyse, l’ensemble des acteurs nationaux sont mus par la même volonté de contribuer, par des propositions et des feuilles de route, à sortir le pays de la crise politique qu’il traverse et favoriser l’émergence d’une solution consensuelle.

Dans ce cadre, le coordinateur général de l’instance de dialogue et de médiation, Karim Younes, a affirmé mardi que toutes les initiatives dans le cadre du dialogue, quelles que soient les divergences, sont les bienvenues, estimant que « l’essentiel » est de trouver une issue à la crise.

M. Younes a déclaré accueillir favorablement les initiatives émanant des partis politiques, des personnalités, des représentants de la société civile et de tous les acteurs présents sur la scène nationale, précisant que l’instance qu’il préside ne dispose pas d’une feuille de route « officielle » ou d’un plan préétabli.

L’ancien président de l’Assemblée populaire nationale a ajouté que la réunion que se tiendra mercredi à Alger, dans le cadre des consultations de l’instance de dialogue et de médiation, sera « ouverte à tous » et débattra « librement de toutes les questions qui intéresse le Hirak populaire et les revendications des Algériens ».

Les participants à cette réunion axeront leurs travaux sur les plates-formes des réunions du 15 et 26 juin (société civile et Forces de l’alternative démocratique) et du 6 juillet (Forum national pour le dialogue), a indiqué M. Younes, soutenant que les avis et propositions recueillis constitueront des documents de travail lors de la conférence nationale qui sera organisée à l’issue des consultations.

M. Younes a réitéré que la revendication fondamentale de l’instance actuellement, pour qu’elles puissent entamer son travail de médiation, est « la libération des détenus, la cessation de la « violence » exercée contre les manifestants, de levée des restrictions qui empêchent les citoyens de rallier la capitale les vendredi, outre l’ouverture du champ médiatique ».

De son côté, l’ancien chef du gouvernement, Ali Benflis, a constaté une « richesse » des initiatives et mesures prises par les différents acteurs sur la scène nationale, en vue d’un règlement « consensuel » de la crise.

Le président du parti Talaie El Hourriyet a appelé à « surmonter toutes les divergences politiques pour trouver une solution à la crise ».

Pour sa part, Ahmed Benbitour, également ancien chef du gouvernement, a estimé, en substance que le dialogue est « dépassé », notant que l’opportunité qui s’était présentée lors des conférences Mazafran I et II organisées par des partis d’opposition « n’a pas été saisie ».

M. Benbitour a considéré, cependant, que « le Hirak doit se doter d’une feuille de route », et s’est dit disposé à apporter sa contribution. « Le ‘yetnehaw gaâ’ (Partez tous) ça marche pour la communication, mais il faut avoir la responsabilité de dire que nous avons une gouvernance qu’on va remplacer par une autre qui est performante », a-t-il indiqué.

« En Algérie, le chef de l’Etat est parti, mais nous n’avons pas réalisé le changement parce qu’il n’y avait pas de programme et de leadership », a-t-il argumenté.

Le chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah, avait annoncé, dans un discours prononcé le 3 juillet dernier, le lancement d’un dialogue devant être conduit « en toute liberté et en toute transparence » et devant « se concentrer sur l’unique objectif stratégique que constitue l’organisation de l’élection présidentielle ».

Il avait souligné que « l’Etat, dans toute ses composantes, y compris l’institution militaire, ne sera pas partie prenante à ce dialogue et observera la plus stricte neutralité tout au long du déroulement de ce processus ».

Le chef de l’Etat avait exprimé sa « conviction profonde » que seul un président de la République, « issu d’une élection incontestable, aura toute la confiance et la légitimité nécessaires et toutes les prérogatives requises pour (…) entreprendre les réformes profondes dont le pays a crucialement besoin ».

Le Forum national pour le dialogue, regroupant des partis politiques, des acteurs de la société civile, des syndicats et des personnalités, réuni le 6 juillet à Alger, s’était engagé, de son côté, à élaborer une feuille de route « bien définie » pour le règlement de la crise politique que traverse le pays, sur la base d’une solution dans « le cadre de la Constitution et répondant aux exigences de la solution politique ».

Le forum avait affirmé qu’une élection « libre et régulière » était « la seule voie pour accéder au pouvoir ».

Les participants au forum, dont les partis Talaie El-Hourriyet, le Mouvement de la société de la paix (MSP), le Front pour la justice et le développement et Jil Jadid, ont appelé à la création d’une instance nationale pour l’organisation et la supervision de l’élection présidentielle.

D’autre part, des acteurs de la société civile, à savoir la Confédération des syndicats autonomes, le Forum civil pour le changement et le Collectif de la société civile, qui compte plusieurs associations et organisations de droits de l’Homme, réunis le 15 juin à Alger en conférence, avaient appelé à accélérer une transition démocratique « fluide », conformément à un processus électoral concrétisant « la rupture » et garantissant l’édification d’institutions « crédibles ».

Pour leur part, les Forces de l’alternative démocratique, réunissant des partis politiques, des organisations syndicales et des personnalités nationales, ont plaidé le 26 juin en faveur d’une période de transition « garantissant les conditions politiques pour l’expression d’une véritable souveraineté du peuple et l’édification d’un Etat de droit démocratique ».

Les signataires du « Pacte politique pour une véritable transition démocratique », notamment FFS, RCD, PT, PST, MDS, UCP, PLD et LADDH, avaient estimé que « l’organisation d’une élection présidentielle dans le cadre du système actuel ne servira qu’à sa régénération ».

Input your search keywords and press Enter.