Sunday, October 2020

Élection présidentielle : Bouteflika prolonge le suspense

C’est la montagne qui a accouché d’une souris ! Le Conseil des ministres présidé par le chef de l’Etat, ce jeudi 27 décembre, aura été des tous ordinaires. Attendu par la classe politique, le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a laissé tout le monde sur sa soif.

Vidéo | Bouteflika signe la loi de finances 2019

Outre la signature de la Loi de finances pour l’année 2019, le communiqué du Conseil des ministres parle de projets de lois adoptés, de décrets présidentiels et de décisions individuelles. Mais, point de mot concernant la situation politique. Encore moins une quelconque orientation du Président au sujet de la prochaine élection présidentielle.

Louisa Hanoune, secrétaire générale du PT, avait déclaré en début de semaine que Bouteflika pouvait faire « d’importantes annonces ». Abderrezak Makri, président du MSP a écrit dernièrement que la décision de son parti sera prise « en prenant en considération ce que déclarera le président de la République prochainement ». Du moins pour ces deux chefs de parti, il y a déception. De même pour Amar Ghoul, président de TAJ qui a appelé à « une conférence nationale inclusive sous l’égide de Bouteflika ». Le concerné n’a soufflé aucun mot sur cette initiative.

Désaveu et suspense

Au-delà de ce qui peut être perçu comme un ‘’sanglant désaveu’’ à ces appels et cette pression destinés à l’impliquer dans le débat, Bouteflika aura, par son silence, prolongé le suspense autour de l’élection présidentielle. L’échéance dont les scénarios imaginés par certains et par d’autres se sont multipliés, reste une grande interrogation. Et ce, à mois de quatre mois de son délai prévu suivant le calendrier électoral.

Des deux hypothèses, l’une. Ou bien, le pouvoir n’a pas encore résolu la situation d’impasse dans laquelle il se trouve à cause du manque de consensus de toute la classe politique sur une option ou une autre, notamment le report de l’élection ou le prolongement du mandat. Ou bien, le silence de Bouteflika est en soi une prise de position qui voudrait dire que le scrutin est bel et bien maintenu à son délai. Donc rien ne justifie tout le bruit qui caractérise la scène politique.

Les compteurs remis à zéro

Il faut dire qu’avec la surprenante sortie de Mouad Bouchareb, coordinateur de l’Instance dirigeante du FLN qui, dans une déclaration postée sur facebook, a annoncé presque de façon officielle que « le candidat du parti en 2019 est Abdelaziz Bouteflika », la deuxième hypothèse prend tout son sens. L’option d’un 5e mandat à travers une élection présidentielle qui se déroulera comme prévu en avril, est possible. D’où les compteurs du débat politique qui sont remis à zéro.

Plusieurs projets de loi adoptés par le Conseil des ministres

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