Saturday, September 2020

Entre la conférence de Makri et la contre-conférence de Djilali : La dérive de l’opposition !

Bien que celle-ci soit, pour elle « l’émanation d’amendements illégitimes », « l’application stricto-sensu de la Constitution » est le nouveau cheval de bataille de Mouwatana. Le mouvement a annoncé, dans un communiqué signé par Djilali Soufiane,  qu’il appellera à une « contre conférence » pour faire respecter la Loi fondamentale et empêcher donc le report de l’élection présidentielle.

Il ne faut pas être un analyste avéré pour comprendre que la démarche vise à faire barrage à la conférence à laquelle a appelé Abderrezak Makri, président du MSP et degré un moins celle d’Amar Ghoul, président de TAJ. Mouwatana accuse  de « faux opposants » d’avoir enlevé le masque et de proposer « de faire l’apologie de la transgression de la Constitution », de marcher sur le peu de légitimité légale qui reste et de pousser le pays vers un inconnu aventureux ».

S’étant senti directement visé, Makri réplique. Il relève, dans une réponse sur son compte facebook, « la différence » entre « ceux qui font de la politique avec leurs têtes » et les autres « qui la pratiquent avec leurs caprices et leurs pieds ». La première catégorie est bien sur celle dont il fait partie, alors que la seconde est celle dont fait partie Djilali Soufiane.

Au moment où il est attendu de l’opposition de produire une alternative, elle s’enfonce dans les luttes. Le scénario est donc conférence contre ‘’contre-conférence’’. Difficile d’imaginer qui participera à l’une et qui répondra présent à l’appel de l’autre. Même le pouvoir, à travers ses partis, serait dans l’embarra du choix, bien qu’il opterait volontiers pour l’offre de Makri.

Mais, au-delà de cette de l’enjeu des deux options, voilà que deux anciens acteurs principaux de la défunte CLTD (Coordination pour les libertés et la transition démocratique) et de l’ICSO (Instance de concertation et de suivi de l’opposition), règlent leurs comptes sur la scène publique. Comment Makri et Djilali qui, dans un passé récent défendaient le même projet à savoir « la transition démocratique » à travers un nouveau processus électoral, une Assemblée constituante et une nouvelle Constitution, se retrouvent aujourd’hui, à se battre, l’un pour outrepasser la constitution, et l’autre pour l’appliquer dans strict sens ? Il est paradoxal, voire dramatique qu’à ce niveau de réflexion et de représentativité politique, le retournement dans les idées devient banal.

Makri et Djilali ont-ils réfléchi au peu de crédibilité qui reste à l’opposition dans toute cette affaire ? Certainement pas. Les deux hommes sont aveuglés par l’idée de s’imposer comme acteurs incontournables dans le rendez-vous électoral prochain. D’où cette virulence dans les attaques et les tentatives de chacun à détruire l’autre. Ceci, au lieu et place de se concentrer sur les moyens à même de rassembler l’opposition autour d’un projet.

Bien que lui aussi se trouve dans l’impasse à cause de l’absence d’un plan B au 5e mandat de Bouteflika, le pouvoir ne peut que se réjouir de cette grave dérive de l’opposition.

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