Saturday, October 2020

« Le hirak et le pouvoir doivent dialoguer » (Crisis Group)

Un dialogue national entre le pouvoir et le mouvement de protestation antirégime « Hirak » est nécessaire pour éviter une « crise économique d’ampleur » en Algérie, frappée par la pandémie et par l’effondrement des prix du pétrole, a estimé lundi l’International Crisis Group (ICG).

« Pouvoir et +Hirak+ devraient participer à un dialogue économique national (…) pour éviter une crise économique d’ampleur », recommande le centre d’analyse politique dans un rapport.

Selon des prévisions du Fonds monétaire international (FMI), l’Algérie devrait connaître une récession de 5,2% en 2020 en raison de l’épidémie de nouveau coronavirus et de la crise pétrolière. Le pays est particulièrement exposé aux fluctuations du prix du pétrole du fait de sa dépendance à la rente pétrolière, qui représente plus de 90% de ses recettes extérieures.

Face à la crise qui se profile, « le gouvernement algérien pourrait devoir recourir à l’endettement extérieur (…) et à l’austérité budgétaire », ce qui « attiserait les tensions sociales », estime l’ICG. Pour éviter un tel scénario, « le régime pourrait desserrer son étau sur le +Hirak+ », note le rapport.

Né en février 2019 d’un immense ras-le-bol des Algériens, le « Hirak » a ébranlé le régime jusqu’à la suspension des manifestations hebdomadaires à la mi-mars en raison de la crise sanitaire. Mais la pandémie de Covid-19 n’a pas empêché les autorités algériennes de poursuivre et de condamner des militants du « Hirak », opposants politiques, journalistes et internautes. Selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD), près de 60 détenus d’opinion sont actuellement derrière les barreaux, la plupart pour des publications sur Facebook. Ce tour de vis judiciaire vise à empêcher la reprise du soulèvement populaire, estiment des défenseurs des droits humains. Un tel épuisement du « Hirak » créerait « un vide laissant la place, dans quelques années, à des groupes minoritaires prônant un discours plus dur et des modes d’actions plus radicaux », prévient l’ICG.

Par ailleurs, le groupe de réflexion recommande une aide financière internationale aux conditions qui ne soient pas « trop strictes ». Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a toutefois exclu début mai, au nom de la « souveraineté nationale », de contracter des prêts auprès du FMI et des organismes financiers internationaux.

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