Wednesday, April 2021

Mohcine Belabbas : « La crise financière ne se règle point par l’impression de billets »

Le président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Mohcine Belabbas, a estimé ce samedi 8 septembre, que la planche à billets n’est pas la solution à la crise que vit le pays.

« La crise financière ne se règle point par l’impression de billets de banque d’autant que la rente a largement perverti l’économie nationale et que le discrédit de l’Etat empêche les acteurs (publics et privés) d’inscrire dans une vision de moyen ou long termes », a déclaré Belabbas, dans une allocution d’ouverture des travaux de la conférence nationale sur le droit du travail en Algérie.

Le chef du RCD a critiqué la méthode du gouvernement Ahmed Ouyahia face à la crise soutenant que la croissance économique « ne se décrète pas par des annonces faites dans le cadre des tripartites où le pouvoir se parle à lui-même du fait de l’exclusion des véritables acteurs économiques et sociaux ».

Pour lui, cette croissance « se prépare par la transparence dans la situation des finances publiques en rendant publique l’état réel des entreprises publiques ». Elle se prépare aussi « par l’arbitrage transparent dans l’allocation des ressources, par la promotion de conditions qui encouragent les créateurs d’emplois et de richesses au lieu du recours aux dopages en tout genre qu’on abandonne sans aucun bilan ».

Revalorisation du SNMG

Mohcine Belabbas plaide pour la mobilisation de toutes les ressources disponibles pour combattre le chômage par des instruments économiques pérennes aux lieu et place de mesures administratives couteuses et improductives. « La croissance économique se gagne aussi par une formation de qualité » et cela passe, selon lui, par la revalorisation du montant de l’allocation scolaire, des bourses d’étudiants, des salaires des enseignants et aussi du salaire national minimum garanti (SNMG) pour le porter à un niveau décent.

Un nouveau code du travail

Plus critique envers le bilan du Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, le leader du RCD dira que « le pays paie près de 20 ans de tergiversations politiques du pouvoir à engager des réformes sur des dossiers essentiels qui bloquent le développement ». Et de plaider pour la confection d’un code du travail qui « promeut les droits et garanti les équilibres ». Une « urgence », dit-il, dénonçant les affirmations des Exécutifs successifs qui « ont mis le projet en veilleuse ».

 Analysant la situation du monde du travail, Mohcine Belabbas ne cache pas sa « crainte » de l’avenir qui ne s’est jamais fait autant sentir. « De plus en plus de personnes perdent leur emploi, de plus en plus d’entreprises ferment leur porte, de plus en plus de familles se retrouvent à la rue, de plus en plus de personnes n’arrivent plus à subvenir à leurs besoins y compris les salariés du fait d’une politique des salaires anti économique et d’une dévalorisation sans contrepartie de la monnaie nationale ». Cet état de fait, jugé « insoutenable » est avant tout, « la conséquence d’un système politique bâti sur l’exclusion et la répression », explique l’orateur.

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