Wednesday, April 2021

Nouvelles révélations sur la rencontre secrète entre Makri et Said Bouteflika

Le report de l’élection présidentielle proposé par Abderezzak Makri a fait l’objet d’un accord avec différentes parties au sommet de l’Etat, avant que la piste ne soit abandonnée. C’est le président du MSP qui le révèle dans un document interne de 8 pages, qu’il  a adressé aux membres du conseil consultatif de son parti dont la session devra se tenir dans quelques jours, selon le quotidien arabophone El Khabar.

Dans l’accord pour lequel « la Présidence de la république a accepté le contenu », selon Makri, il est question de reporter la présidentielle et d’introduire des réformes. « Le pouvoir devrait alors entamer un dialogue sérieux avec les principaux acteurs de l’opposition dont Ali Benflis, pour s’entendre sur les éléments de la réforme, leur planning et le report », rapporte ce jeudi 17 janvier El Khabar.

Plusieurs rencontres à la Présidence 

Aussi, l’accord trouvé à l’issue de « plusieurs rencontres tenues à la Présidence » stipulait sur « l’organisation d’une conférence nationale, la révision partielle de la Constitution à travers le Parlement et la formation d’un gouvernement d’union nationale pour mener les réformes et enfin la révision de la Loi électorale de façon à permettre la création de la commission indépendante de surveillance des élections ».

Gaid Salah était d’accord 

Abderezzak Makri, par prudence, explique-t-il, a exigé l’adhésion de toutes les institutions dont l’armée. Suite à quoi « il y a eu le Ok du chef d’état-major de l’ANP en personne ». Ahmed Gaid Salah à donc accepté l’offre du MSP au même titre que la présidence représentée par le frère conseiller du Président, Saïd Bouteflika. Ce dernier, Makri l’a rencontré à la résidence d’état de Zeralda, sans préciser sa date.

Les inquiétudes de Said Bouteflika 

Saïd Bouteflika lui a exprimé, relate le président du MSP, « ses inquiétudes » quand à la difficulté de trouver un consensus avec ceux qui aspirent succéder à Abdelaziz Bouteflika.

La prudence de Makri et des cadres du MSP, les a poussé à se préparer à tout scénario de trahison. C’est pourquoi  d’ailleurs « le parti a refusé de participer aux rencontres de concertation des partis de l’alliance et alliés pour soutenir l’idée de la continuité » en novembre et en décembre 2018. Le MSP avait jugé qu’il était prématuré pour une telle étape.

Ghoul, Ouyahia et les « frères islamistes » !

Le report de la présidentielle aurait pu contribuer à mettre fin à l’ère du Bouteflikisme dans le calme », défend le chef du parti islamiste si ce n’était quelques « résistances » qui ont parasité l’initiative.

« Suite à l’apparence d’indices pour la réalisation du consensus, il y a eu des éléments qui ont avorté le plan », écrit Makri, pointant du doigt le président de TAJ, Amar Ghoul dont « l’entrée en lice était mal vue ». « La classe politique a, depuis, douté de la crédibilité de l’option du report et du sérieux du pouvoir ».

L’autre élément de l’échec du plan de Makri avec la Présidence, accuse-t-il, est Ahmed Ouyahia, Premier ministre,  qui d’après Makri, représente le courant de l’ancien patron du DRS Mohamed Mediene dit Toufik. Et « à travers les réseaux des anciens services de renseignement » dont la presse et certains partis, tout a été fait pour briser  l’idée du report qui constitue une menace pour leur projet de succession à Bouteflika, en élisant un président de leur choix.

5e mandat et…réformes ?

à ces deux là s’ajoutent d’autres acteurs de la famille des islamistes. Makri cite Abdallah Djaballah du FJD et Aboudjera Soltani, son rival de toujours au MSP qui « tentaient de prendre langue avec les mêmes interlocuteurs que nous avons contacté ». Le seuil de l’échec est atteint avec les déclarations de Benflis, Djaballah et Mohcine Belabbas  (RCD), qui ont rejeté l’option du report « sous prétexte du respect de la Constitution ». En plus des déclarations du chef d’état major, Ahmed Gaid Salah, en décembre dernier.

Tout ça a mené la Présidence à informer « officiellement » Makri lors de la dernière rencontre que  » reporter l’élection était devenu impossible à cause de l’absence d’un consensus » entre les différents clans. Ce qui a balisé la voie vers le choix du 5e mandat à Abdelaziz Bouteflika. Mais malgré cela, la Présidence lui a promis, écrit-il, que le programme électoral contiendra des réformes.

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