Sunday, March 2021

Options et scénarios pour la présidentielle de 2019, le pouvoir est-il devant une impasse ?

Le temps presse. Le pouvoir n’a pas encore tranché la question des élections présidentielles prochaines ou du moins n’a pas encore dévoilé l’option qui fait consensus si consensus existe.

 A moins d’un mois du délai légal pour la convocation du corps électoral, personne n’est en mesure de dire que l’élection présidentielle sera reportée. Même si l’idée est presque adoptée si l’on se fie aux différentes sorties et positions des partis de l’Alliance présidentielle.

Ce lundi 24 décembre, Mouad Bouchareb, coordinateur de l’instance dirigeante du FLN, a rencontré les élus du parti de la wilaya d’Alger, en prévision des sénatoriales. Mais, devant les représentants de la presse, Bouchareb a éludé le dossier de la présidentielle. Il n’a ni évoqué le candidat du parti même s’il a dit « poursuivre » son soutient à Abdelaziz Bouteflika, ni  traité de la conférence inclusive sous l’égide du président de la république à laquelle a appelé Amar Ghoul.

Ces détails sont d’autant plus importants qu’ils expriment le flou dans lequel navigue le parti majoritaire. Et donc le pouvoir de manière générale. Mouad Bouchareb, s’il avait des éléments nouveaux de nature à insuffler une dynamique dans le statuquo, il l’aurait fait. Il n’a rien, ou du moins, on lui a rien fourni.

Panique

Sa sortie intervient pourtant, au lendemain d’une importante rencontre à huit clos, annoncée par les médias et non démentie par les officiels, qui a eu lieu mercredi dernier à Zeralda où s’est retranché Bouteflika depuis son AVC de 2013.

Si l’on considère que cette rencontre a bien eu lieu et a vu la présence autour de Bouteflika du Premier ministre, Ahmed Ouyahia, du chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah, du ministre de l’Intérieur, Noureddine Bedoui, celui de la Justice, Tayeb Louh, du conseiller Tayeb Belaiz outre Bouchareb, Amar Ghoul (TAJ) et Amara Benyounès (MPA), l’absence de fuites et le silence de l’actuel patron du FLN, renseignent de l’absence de consensus autour de l’option du report et au même temps l’absence d’un candidat du consensus prêt à remplacer Bouteflika en avril prochain.

Options à hauts risques  

Comment prolonger le mandat de Bouteflika sans violer la Constitution ? Sinon comment justifier une autre révision de la Constitution ? Ou, va-t-on vers un 5e mandat ? Ou encore comment faire avaler la pilule d’un report de la présidentielle ?  Pour y réponde, le pouvoir n’a, semble-t-il, pas assez de paramètres qui lui permettrait de prendre des risques d’une option qui pourrait s’avérer foireuse.

Depuis ce weekend, ces questions se sont heurtées à de nouvelles positions dans la scène politique qui, faut-il l’admettre, ont faussé les calculs. Ali Benflis, président de Talaie El Hourriyet, a exprimé son opposition à tout report. Son parti s’est dit, à l’issue d’une réunion de son Bureau politique, « convaincu que la tenue d’élections libres, régulières, loyales, transparentes, aux échéances électorales prévues par la Constitution, est de nature à éviter à notre pays le risque d’instabilité et à permettre au peuple algérien d’exprimer souverainement ses choix ». Quant aux initiatives de Ghoul et de Abderrezak Makri du MSP, elles sont destinées à « aider le régime à sortir de son impasse politique », a-t-il soutenu.

Des rejets pesants

Le FFS a, pour sa part, réitéré son attachement à son projet de reconstruction du Consensus « seule alternative à même de sortir le pays de sa crise », a déclaré le Premier secrétaire, Mohamed Hadj-Djilani, lors du meeting de la salle Sierra Maestra. De son coté, Louisa Hanoune, patronne du PT, n’a soutenu aucun plan. Ni celui du président de TAJ ni celui du chef du MSP, préférant poser des interrogations : « Une conférence pour quel objectif ? Qui va la convoquer ? Qui y participera ?… »

Le vieux leader islamiste, président du parti El Adala, Abdallah Djaballah, a lui aussi, déclaré depuis Constantine que « tout report de l’élection est une violation de la Constitution et de la volonté de la nation ».

Crédibilité

Après tous ces rejets, reporter la présidentielle, ou prolonger l’actuel mandat, voire même convoquer une révision de la Constitution n’aura pas une large adhésion. Encore moins une conférence nationale inclusive soit-elle ou de consensus. Les divergences sont  tellement flagrantes qu’il est pénible de faire avaler la pilule d’un scénario quelconque à l’opinion nationale, voire internationale. Trouver des participants à une telle conférence alors qu’il n’y a rien, -aux yeux du pouvoir qui n’a à aucun moment l’existence d’une crise en Algérie-, qui la justifie ou justifie son objectif, est presque impossible. A l’exception bien sûr des partis de l’Alliance et quelques formations microscopiques.

Devant ce constat, même Amar Ghoul et Abderrezak Makri qui,- actionnés ou sur initiatives personnelles-, animaient la scène politique il y a quelques jours, n’ont rien trouvé de mieux que de battre en retrait. Le ballon de sonde qu’on aura lancé à l’opinion, à travers ces deux initiatives, n’a pas eu l’écho escompté. Là encore, le pouvoir se serait fait piégé.

Un 5e mandat en ultime recours ?

Le pire des scénarios et c’est presque le seul qui pourrait avoir un « cachet légal », selon l’actuelle Constitution, est d’aller vers un 5e mandat de Bouteflika. Mais, il y a le problème de l’image qu’est l’état de santé du concerné. A cela, il faudrait aussi trouver des candidats qui donneraient un tant soit peu de crédibilité à l’élection. Et jusqu’à présent, aucun sérieux concurrent ne se profile à l’horizon.

En tout état de cause, cette situation devra connaitre son épilogue dans quelques jours, voire les prochaines heures. Le chef de l’Etat doit signer la Loi de finances 2019 avant la fin de l’année. Pour ce, il doit réunir le Conseil des ministres. Fera-t-il des annonces à l’occasion ? Ou patientera-t-il encore puisqu’il a jusqu’au 17 janvier, date limite pour la convocation du corps électoral, pour dégager le flou.

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