Tuesday, August 2019

Organiser une élection présidentielle sans recourir à une période de transition

Le Comité politique de l’Instance nationale de dialogue et de médiation a tenu, mercredi à Alger, sa première réunion avec des acteurs du Hirak populaire, où l’accent a été mis sur la nécessité d’organiser l’élection présidentielle dans les plus brefs délais sans recourir à une période de transition, qui a démontré son inefficacité durant les années 90.

Lors de cette rencontre à laquelle ont pris part des militants issus de différentes wilayas du pays dont Constantine, Tissemssilt, Ghardaïa et M’sila, une série de propositions a été présentée par certains acteurs du hirak populaire portant principalement sur la nécessité de l’organisation, « dans les plus brefs délais », d’une élection présidentielle encadrée par une instance indépendante de surveillance et d’organisation des élections.

Dans une déclaration à la presse, le chargé de communication de l’Instance, Kamel Kerkadane a précisé qu’il a été décidé d’accélérer l’organisation de l’élection présidentielle sans recourir à une période de transition.

Les participants à cette réunion ont appelé à la création d’une instance indépendante d’organisation et de surveillance des élections et à la révision de la loi organique relative au régime électoral.

A cette occasion, un document regroupant les solutions politiques et constitutionnelles pour sortir de la crise a été proposé. La solution, selon ce document, réside dans la prise de mesure permettant de rétablir la confiance du peuple avant l’organisation de l’élection présidentielle.

Dans ce cadre, le militant des droits de l’homme Mohammed Essalah Rouane de Constantine a estimé que la solution consistait en l’organisation de l’élection présidentielle et l’obtention de garanties données par un Gouvernement de consensus chargé de la gestion des affaires politiques, ajoutant que le dialogue était la voie sûre pour parvenir à l’organisation de cette élection.

A ce propos, il a exprimé son rejet de la proposition portant période de transition, car ayant prouvé son inefficacité durant les années 90.

Après avoir salué le rôle de l’institution militaire dans la sécurisation du mouvement populaire, le même intervenant a fustigé le rôle des partis politiques, appelés à faire preuve de « responsabilité politique ».

Pour sa part, le militant Rachid Hattab de Tissemsilt, a estimé que le dialogue était la solution qui pourrait permettre au pays de sortir de la crise, relevant le manque de confiance entre le peuple et le Pouvoir, d’où l’impératif d’écarter de ce dialogue les partis au Pouvoir ayant soutenu l’ancien régime.

De son côté, un autre militant du Hirak a estimé nécessaire l’organisation d’une élection présidentielle transparente et régulière et l’implication des jeunes dans la vie politique notamment pour ce qui est de la gestion des assemblées élues au niveau local.

Une conférence de presse sera organisée, jeudi au siège du Forum national, suivie de réunions avec d’autres militants du Hirak avant de tenir d’autres rencontres avec des personnalités nationales et des partis, a-t-il ajouté.

Pour rappel, l’instance de dialogue et de médiation avait annoncé lundi dernier la création d’un comité de sages regroupant toutes les personnalités et experts ayant accepté d’adhérer à cette Instance qui a également décidé « d’entamer dans l’immédiat l’organisation de rounds de dialogue avec tous les acteurs de la scène politique, de la société civile et des personnalités nationales », affirmant que « toutes les plateformes et propositions constitueront des feuilles de route principales qui serviront de référence à l’Instance dans l’élaboration de la mouture qu’elle soumettra, après consultations des acteurs de la société civile, à la Conférence nationale prévue au terme des rounds de dialogue ».

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