Saturday, September 2020

Ouyahia… le soutien « intelligent et politiquement correct» à Bouteflika

Le RND soutient le Président, Abdelaziz Bouteflika, qu’il appelle à « poursuivre son œuvre » à la tête du pays. Mais pas question de le faire sous la tutelle de son frère-ennemi le parti FLN. Chihab Seddik, porte-parole du parti du Premier ministre a déclaré que « nul besoin d’adhérer à une formation politique pour concrétiser ce front populaire qui a pour objectif de préserver et renforcer la stabilité et la sécurité nationales ». le RND, a-t-il expliqué dans une déclaration à l’APS « œuvre quotidiennement à expliquer le contenu de l’initiative du front, à faire prendre conscience de son importance et à souligner l’impératif de prendre part à son édification ».

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Par ces propos exprimés via l’Agence officielle, le RND rejette on ne peut plus clairement l’idée de rejoindre « le Front populaire solide » qu’est entrain de mettre en place Djamel Ould Abbès au nom de l’ex-parti unique. L’initiative a déjà eu l’adhésion de plusieurs formations politiques « microscopiques », des organisations estudiantines, des enfants de chouhada, de la centrale syndicale UGTA et du FCE.

Mais, en tenant tête au parti FLN, initiateur de cette démarche qui vise de rassembler le maximum de composantes de la société pour appeler Bouteflika à briguer un 5e mandat,  Ahmed Ouyahia prend un risque énorme. Pourquoi agit-il alors de la sorte ?

Chances

En filigrane, ce refus est le résultat de bon nombre de paramètres. D’abord, le fait que le chef de l’Etat en exercice, ne se soit pas encore exprimé sur sa volonté de briguer ou non un autre mandat. Dans le sérail, certaines voix évoquent même « la possibilité de voir Abdelaziz Bouteflika décliner ‘’l’appel’’  des partis et organisations de masse ».

Dans une telle possibilité, et c’est là un autre paramètre, Ouyahia ne veut pas paraitre réduit en faisant partie d’une initiative dirigée par le parti FLN. Bien au contraire, il se place comme une alternative. Certes, l’homme ne l’exprime pas. Mais, il n’a jamais caché son espoir de « rencontrer un jour son destin ».

Rivalité

D’ailleurs, ce n’est pas la première fois qu’Ahmed Ouyahia tient tête au parti FLN. En 2015, le patron du RND, en réaction au Front national élargi de soutien au programme du président Bouteflika lancé par Amar Saâdani, avait dit non. « Le FLN est un allié stratégique dans le soutien au Président et dans la défense des intérêts du courant nationaliste. Mais, le mode proposé par le parti ne nous convient pas », avait-il déclaré.

Même dernièrement, lorsque Djamel Ould Abbès menait une série de rencontres politiques avec les partis, pour acteur leur soutien au Président Bouteflika, le SG du RND a préféré recevoir son homologue ‘’frère-ennemi’’ au sein du palais du gouvernement. Pas question d’être reçu au siège de Hydra, comme les autres. Le message est clair. Le RND d’Ouyahia veut jouer à égalité avec le FLN et pas question d’une tutelle de ce dernier.

Messages

Aussi, dans le refus d’Ouyahia peuvent se cacher des messages adressés à diverses parties qui guettent la moindre visibilité dans le processus de succession pour se placer derrière tel ou tel candidat. On parle surtout des puissances étrangères, du patronnât algérien, voire même de certains partis de l’opposition qui ne seraient pas totalement opposés à la candidature de l’actuelle premier ministre dans le cadre d’un « consensus ».

Il faut dire que le « calculateur » Ouyahia ne manque pas de talent en matière de manœuvre politique. Entre le « politiquement correct et l’intelligence », le premier ministre ne fait pas dans le soutien aveugle, mais calcule en anticipant les événements. Le patron du RND est le seul des premiers ministres depuis l’arrivée de Bouteflika à la tête de l’Etat qui a su rester au devant de la scène politique. Survivra-t-il encore aux prochaines équations et éjections politiques? L’avenir nous le dira ….

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