Friday, December 2019

Que cache l’intrigante attaque de Bengrina contre deux candidats à la présidentielle ?

Le controversé candidat islamiste à la présidentielle du 12 décembre, Abdekader Bengrina, a fait une déclaration explosive hier lors d’un meeting électoral à Laghouat.

En effet, le patron du parti El Bina a affirmé lors de cet événement qu’ « un candidat qui s’appuyait sur des réseaux européens  a été neutralisé et un autre qui est soutenu par les réseaux du Golf est dans le collimateur », ajoutant qu’il restera uniquement « trois candidats qui n’ont pas fait partie de la bande » dans cette compétition à la présidentielle.

Cette déclaration explosive intervient au même moment ou des médias proches du pouvoir mènent une campagne contre Abdelmadjid Tebboune, le supposé candidat favori de cette joute électorale. Il va sans doute que la déclaration de Bengrina cible Tebboune lorsqu’il parle d’un candidat « déjà neutralisé » et mis hors de compétition.

Pour le deuxième candidat visé par Bengrina, il ne peut être que Azzedine Mihoubi, premier responsable du RND et ex-ministre de la culture sous Bouteflika. Même si Bengrina n’a cité aucun nom, deux indications laissent croire qu’il s’agit du candidat du RND. La première est l’affirmation que ce candidat est « soutenu par des réseaux du Golf » et la deuxième est les mise en avant  » de l’appartenance de ce deuxième candidat aux réseaux de la bande ». Pour Bengrina et ses alliés, les deux candidats à savoir Tebboune et Mihoubi font partie de l’équipe de Said Bouteflika, donc de ce qui est communément dénommé « la bande déchue ». En plus, la proximité de Mihoubi avec les pays du Golf arabe est un secret de polichinelle.

Indépendamment de ce que peut signifier réellement les déclarations de Bengrina, le timing ainsi que les cibles ne semblent pas destiner à « capter un électorat » ou pour « un buzz politique ». En plus du refus populaire de cette élection présidentielle, certains candidats à l’image de Bengrina n’hésitent pas à tirer à boulet rouge sur leur adversaire. La semaine dernière, Tebboune a également empêché plusieurs médias de couvrir sa campagnes électoral. Il a exclut ces médias suite à ce que son équipe de campagne qualifie de « désinformation » à l’égard de son candidat dans l’affaire de l’arrestation du sulfureux homme d’affaire, Omar Alilat, inculpé pour corruption. Ces médias affirmaient qu’il s’agit du principal bailleur de fond de Tebboune et sa direction de campagne le niaient catégoriquement.

Bien qu’il soit tôt de pronostiquer sur les résultats de la présidentielle ainsi que la cote de chacun des candidats auprès des décideurs du pays, il faut attendre la réplique ou non des candidats ciblés pour pouvoir juger de la solidité de leur candidature et  les implications politiques de cette surprenante déclaration.

Cette dernière semaine de campagne électoral nous dira plus sur les tenants et les aboutissants de cette bataille électorale à couteaux tirés.

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