Saturday, December 2019

Saïd Sadi : « Ce vendredi était une réponse au chef d’Etat-major »

Saïd Sadi estime que les marches de ce 6e vendredi, 29 mars, étaient une réponse à l’appel du chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah, à l’application de l’article 102 de la Constitution, et donc à la destitution d Bouteflika.

Désormais, l’institution militaire doit se soumettre au contrôle, a-t-il plaidé. « Ce vendredi était, en effet, exceptionnel car il était essentiellement destiné à donner une réponse au chef d’Etat major que des partis croupions, qui ne réalisent pas qu’ils sont déjà des déchets de l’Histoire, s’empressent d’encenser, le considérant comme le nouveau roi », écrit l’ancien président du RCD dans une tribune publiée sur sa page Facebook. Pour lui, «désormais, l’armée, ou ceux qui parlent encore en son nom, doivent apprendre à considérer cette institution comme n’importe quelle autre et qu’à ce titre, elle devra se soumettre au contrôle de la représentation nationale légitime à venir ».

Saïd Sadi soutient sur ce que l’esprit de cette exigence « remonte à loin ». « C’est le reniement de la primauté du civil sur le militaire qui a fait de la maison Algérie une prison à ciel ouvert », a-t-il dénoncé dans son texte sous le titre « Quand la mémoire parle à l’histoire ». Qualifiant les avancées engrangées jusque-là d’« importantes », Sadi estime cependant qu’elles demeurent « fragiles » et que « rien n’est acquis ». Il appelle ainsi « à maintenir ce souffle de l’espoir pour faire plier un régime qui ne désespère toujours pas de venir à bout de l’insurrection citoyenne qui lui signifie chaque semaine sa fin de mission ». « Vitale, cette énergie est le seul potentiel de combat dont dispose le peuple algérien. Il est capital qu’elle s’affine, se renforce et perdure », a-t-il plaidé.

Sur le trajet des manifestations de 1980 L’ex-président du RCD a marché ce vendredi à Tizi-Ouzou, « sur le même trajet qui a accueilli les premières manifestations citoyennes de l’Algérie indépendante et sur les lieux où fut exercée une répression sauvage contre, notamment, des étudiants surpris en plein sommeil », tient-il à rappeler. Acteur des événements de 1980, il fait la comparaison avec les manifestations actuelles des algériens. « C’est une mobilisation populaire massive et généreuse, semblable à celles qui se déroulent aujourd’hui sur l’ensemble du pays, qui, pour la première fois, a fait reculer le pouvoir provoquant notre libération », pense Saïd Sadi.

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