Saturday, December 2018

Sénatoriales à Tizi Ouzou : le FFS et le RCD en difficulté, le maire de la ville en pôle position

A Tizi Ouzou, bastion traditionnel du Front des Forces Socialistes (FFS) et le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), les élections sénatoriales ne se feront pas entre les deux partis de l’opposition comme de coutume depuis l’installation du premier sénat en Algérie.

En effet, la wilaya dans laquelle les deux partis ont de grande chance de remporter le siège du sénat n’est pas acquise d’avance. Au moment ou les observateurs de la scène politique locale s’attendaient à une concurrence entre les deux formations majoritaires de la région, une coalition a vu le jour et risque de chambouler les calculs des deux partis traditionnellement enracinés dans cette wilaya.

Il s’agit d’une alliance entre le RND, le MPA, le TAJ, le PT et les indépendants autour du maire indépendant de la commune de Tizi Ouzou à savoir Ouahab Ait Menguellet. Ce dernier a réussi à fédérer autour de lui plus de 300 élus de différentes couleurs. Du coup, le maire de la ville est devenu le favori de cette élection à laquelle uniquement les élus sont appelés aux urnes.

Nombre d’élus et discipline

Le candidat du FFS dans la wilaya de Tizi Ouzou a été élu dans une élection primaire le 24 novembre dernier. Il s’agit du vice-président de l’APW, Rabah Manaoum. Un choix certainement démocratique mais qui risque d’éveiller les querelles entre les gagnants des primaires et les perdants.  « Le risque de voir le perdant mener une campagne de casse contre l’autre n’est pas à écarter », nous confie un membre de la fédération de Tizi Ouzou du FFS. Cette crainte est tellement présente que la direction s’est sentie dans l’obligation de publier un communiqué rassurant les vainqueurs des primaires de son soutien ainsi que la mobilisation des élus. « Le FFS félicite les candidats élus à l’issue des primaires et les assure de toute sa solidarité pour la victoire aux élections », a écrit le premier secrétaire du FFS hier dans un communiqué. Avec 294 élus à Tizi Ouzou, le FFS doit d’abord garantir la discipline pour pouvoir devancer le RCD et concurrencer la coalition du maire de la ville. Ce dernier, malgré la coalition déjà annoncée doit faire beaucoup d’efforts pour rassembler les 300 élus appartenant à différentes formations politiques et indépendants. Mis à part les élus du RND au nombre de 118, connus pour leur discipline, les autres élus peuvent faire défection.

Du coté du RCD, son candidat, Malik Hassas doit compter sur les 260 élus de son parti non sans rallier d’autres. S’il veut remporter cette élection, il est appelé à nouer des alliances afin de dépasser au moins la barre de 300 élus. En 2016, le RCD, selon la direction, a perdu face au FFS à Tizi Ouzou à cause de la défection des élus proche d’Ait Hamouda en conflit avec le parti à cette époque. Ce n’est plus le cas, puisque la direction actuelle a organisé les dernières élections locales sans Ait Hamouda.

Reste à savoir la position des élus du FLN qui semble jouer la neutralité pour le moment. C’est ce que laisse entendre l’ex-parti unique en organisant des primaires pour avoir un candidat alors qu’il n’a aucune chance de passer face aux trois autres candidats.

Par ailleurs, étant à bulletin secret, cette élection se jouera sur quelques voix dans cette wilaya historiquement acquise au FFS ou au RCD. C’est la première fois dans l’histoire des sénatoriales de Tizi Ouzou qu’un nouveau acteur entre en scène en dehors de ses deux partis fortement implantés dans cette région.

En attendant ce que les urnes vont sortir le 29 décembre prochain, le FFS et le RCD ont assurément plus de calculs à faire, de coalitions et de tractations à mener afin de décrocher le seul siège au sénat. En face, un candidat comme Ouahab Ait Menguellet qui rassemble plus large qu’eux. Jusqu’à preuve du contraire, il a pu rassembler plus de 300 élus ce qui le projette en pôle position pour le moment.

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