Wednesday, October 2020

Aïd El Adha: un abattage rituel en règle pour prévenir la contamination au Covid19

Prévue dans deux semaines, la fête du sacrifice du mouton de l’Aïd-El-Adha qui intervient cette année dans une conjoncture sanitaire exceptionnelle, impose  »un abattage rituel en règle » pour éviter tout risque de contamination au coronavirus (Covid-19) a recommandé à El Tarf le vétérinaire Farouk Kherfane.

Pratiqué selon des méthodes traditionnelles privilégiées par la plupart des sacrificateurs, qui ne respectent pas généralement les principes d’hygiène sanitaire, l’abattage des moutons suscite, cette fois, une grande inquiétude, principalement chez les professionnels au regard des conditions sanitaires favorisant la transmission des virus.

Selon le vétérinaire Kherfane, le coronavirus se transmet dès lors que les conditions favorables à son développement sont réunies, à savoir, postillons, toux, sang, humidité, manque d’hygiène.

Pour rappel, la commission de la Fatwa du ministère des Affaires religieuses et des Wakfs a appelé les citoyens, dans un communiqué rendu public hier mardi, au strict respect des consignes de prévention et des règles d’hygiène à l’occasion de la fête de l’Aïd el-Adha, afin d’éviter la propagation de la Covid-19.

Le vétérinaire Kherfane affirme que l’abattage des moutons sans respect de mesures préalables « risque d’être responsable d’une nouvelle vague de contaminations », relevant que sa crainte a été corroborée par un suivi de la situation sanitaire mondiale liée à la covid-19. Il a été constaté la réapparition et la propagation, depuis un abattoir, du virus au niveau d’une ville allemande, a-t-il dit.

« L’abattoir s’est avéré un excellent vecteur de transmission de cette pandémie », relève le vétérinaire, recommandant d’observer scrupuleusement certaines consignes qui garantiraient au citoyen de passer une fête agréable et, surtout, « sans aucun risque de contagion ».

A cet égard, le praticien a mis en avant l’importance de l’hygiène, à travers le lavage des outils (couteaux, hache, crochets, planche, bâton) utilisés pour égorger et dépecer le mouton, avec de l’eau javellisée à laquelle il recommande d’additionner une quantité suffisante de sel.

Il a également souligné la nécessité de nettoyer et de chauler, aussitôt le sacrifice terminé, le lieu de l’abattage afin de supprimer toute source susceptible de propager le virus, et de saler abondamment la peau du mouton et l’exposer au soleil pendant plusieurs heures.

« Respecter les conditions d’hygiène durant cette journée de fête assurera aux familles un Aïd sans suspicions ni inquiétudes », a-t-il préconisé, lançant un appel pour « un suivi sans faille » de ces consignes de santé.

Sensibiliser pour éviter le spectre du virus

Pour ce vétérinaire, la sensibilisation des acheteurs affluant vers les marchés à bestiaux et autres différents points de vente de moutons ouverts dans le cadre de cette fête religieuse, constitue la meilleure démarche, voire « la consigne impérative » pour amener les sacrificateurs au suivi à la lettre des règles de prévention.

Aller à la rencontre des acheteurs pour leur expliquer de vives voix les risques de contamination en cas de non-respect du dispositif de lutte contre le coronavirus le jour de l’aïd, demeure, pour ce praticien, « l’ultime solution pour échapper à une recrudescence dangereuse du Covid-19 ».

Approchés par l’APS, des citoyens ont proposé à l’inspection vétérinaire et aux services d’hygiène des assemblées communales de sillonner les cités et quartiers populeux et populaires pour vulgariser les consignes préventives, à même de contribuer à la réussite de l’action.

Pour sa part, l’inspecteur vétérinaire de la wilaya d’El Tarf, Nacereddine Chibani, a estimé que l’effort de sensibilisation devra aller « crescendo » à mesure que le jour de la fête approche.

Des émissions radiophoniques seront éventuellement programmées sur les ondes de la radio locale afin de toucher le maximum de familles.

Des spots publicitaires et autres actions de sensibilisation par le biais d’affiches sont prévues au niveau des points de vente et de rassemblement de maquillons et acheteurs à la recherche du bélier qui fera le bonheur de leurs enfants, au risque d’oublier les gestes barrières indispensables pour préserver sa vie et celle des autres.

A noter, dans la wilaya d’El Tarf, deux marchés à bestiaux, celui de Bouhadjar et Ain El Assel, ont été fermés au courant de cette semaine par arrêté de wilaya, dans le cadre du dispositif de prévention et de lutte contre le coronavirus alors que celui de Dréan accueille, pour l’instant, des acheteurs venant de plusieurs wilayas limitrophes.

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