Sunday, September 2020

Ghardaïa: début du Maoussem de la tonte des ovins

Le traditionnel « Maoussem » de la tonte des moutons a débuté dans les différentes zones de pâturage de la wilaya de Ghardaïa, sur fond de campagne de sensibilisation et de mobilisation visant à atténuer les effets de la propagation du Covid-19, a-t-on constaté sur place.

Ce rendez-vous annuel, jadis très festif, organisé dans une ambiance conviviale et d’entraide « twiza » entre les éleveurs des différentes localités, s’est limité cette année à des opérations de tonte séparées et en conformité avec les mesures de distanciation et d’hygiène prises par les autorités compétentes pour faire face au coronavirus-19.

L’opération de la tonte se déroule dans des « conditions normales » malgré la pandémie coronarienne qui impose aux éleveurs de se conformer aux mesures de prévention prises pour faire face au Covid-19, a indiqué à l’APS Mustapha Djekboub, directeur des services agricoles (DSA) de la wilaya.

« Les activités agricoles et d’élevage se poursuivent dans la région, malgré la situation actuelle marquée par le Covid19 », a souligné M. Djekboub, précisant que les services de la DSA sont à pied d’œuvre pour accompagner les agriculteurs à travers des campagnes de sensibilisation sur les mesures sanitaires à respecter.

La tonte d’ovins s’effectue annuellement à la fin du printemps et au solstice d’été dans un cadre de volontariat (Twiza), avec la participation de l’ensemble des éleveurs conviés à cette opération, a affirmé Hadj Kada Ould Larbi, éleveur et responsable local de l’Union nationale des paysans algériens (UNPA), rencontré lors d’une opération de tonte, organisée à Oued Métlili.

« Cette année, l’opération est biaisée par cette pandémie de coronavirus et le début du mois de Ramadhan », a-t-il ajouté.

« La Twiza est une tradition léguée par nos aïeux et constitue un élan de solidarité dans notre société marquée aussi par l’hospitalité et la convivialité », a expliqué Ould Larbi ajoutant que cette année, « il faut que tous les algériens s’unissent pour une seule cause: lutter contre le maudit virus en respectant les consignes de confinement pour la sauvegarde de notre santé ».

Les éleveurs respectent le confinement sanitaire partiel et les consignes « comme vous pouvez le noter dans cet espace en plein air choisi pour la tonte, et les tondeurs de moutons respectent aussi la distance de sécurité », a-t-il fait remarquer.

« Nous sommes vigilants et nous le resterons pendant la durée du confinement et nous implorons Allah le Tout Puissant de nous accorder sa protection », a soutenu, de son côté, un tondeur.

Armés de cisailles, les tondeurs volontaires séparés entre eux par une distance de plus de trois mètres se mettent à l’œuvre dans un endroit propre, en fredonnant à haute voix des panégyriques du Prophète Mohamed (QSSL) où les animaux, avec une toison bien épaisse après l’engraissement durant la période hivernale, sont rassemblés avant qu’un attrapeur amène l’animal au tondeur pour le débarrasser de son manteau d’hiver (toison).

Selon les vétérinaires de la DSA, la tonte est un acte d’hygiène vétérinaire obligatoire qui permet d’éviter l’apparition des parasites, elle permet de rafraîchir l’animal et régénérer sa toison.

Durant la cérémonie de la tonte, l’art culinaire est fortement mis en valeur par différents plats minutieusement préparés par les ménagères pour l’occasion, notamment le couscous à la viande ovine, le plat populaire « Arfis », sans oublier le traditionnel thé, tout en respectant cette année les consignes d’hygiène et la distanciation sociale.

Selon les statistiques des services de la DSA, l’opération de tonte touchera cette année près de 365.000 têtes ovines existantes dans les enclos de quelques 3.400 éleveurs de la wilaya de Ghardaïa.

Une production de plus de 5.500 quintaux de laine brute ovine est attendue de cette opération de tonte des ovins qui a débuté dans l’ensemble des localités de la wilaya, a indiqué le DSA.

En moyenne, chaque ovin produit 1,5 kg de laine, a fait savoir le responsable du secteur qui précise que si le tondeur était rémunéré à la bête, le prix de la laine ne pourrait en aucun cas couvrir la rémunération du tondeur.

Lors de cette cérémonie de tonte, des éleveurs ont évoqué les difficultés dont souffre la filière de la laine au niveau de la région, notamment sa commercialisation et ont échangé les expériences entre les professionnels en la matière.

Les éleveurs ont également exposé devant le DSA les difficultés rencontrées sur le terrain, notamment la rareté du pâturage, la sècheresse et le problème d’alimentation du bétail ainsi que le manque de puits de parcours, avant d’appeler la population rurale à observer et respecter le confinement pour préserver la santé.

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