Thursday, August 2020

Ouargla: les traditions ramadhanesques contrariées par le confinement

Plusieurs coutumes et habitudes ramadhanesques, ressuscitées chaque année au sein de la société Ouarglie, ont du être évitées cette année en raison du confinement imposé par les mesures préventives contre la propagation de la pandémie du nouveau Coronavirus (Covid-19).

D’habitude, le mois sacré constitue une conjoncture propice pour renouer avec des traditions socioreligieuses, les regroupements sociaux conviviaux, l’Iftar collectif, les visites et veillées ramadhanesques pour perpétuer des Halqate et revivifier aussi des rituels de partage de plats culinaire, à l’instar de la tradition connue localement sous le nom de « Deyra ».

Cette année, la pandémie de Covid-19 a contrarié toute projection religieuse et socioculturelle, à travers la fermeture des mosquées, des salons de thé, cafétérias et locaux commerciaux, chamboulant ainsi toutes les programmations, individuelles et collectives, et imposant une « assignation à résidence » aux citoyens.

Mme. Halima, quinquagénaire, femme au foyer, avoue ne « pas percevoir cette année le charme des précédents Ramadhan, du fait du confinement imposé par le Coronavirus, en plus de la contrainte de rester cloitrée entre quatre murs, à ne vaquer qu’aux activités domestiques dans un espace limité.

Mme.Fatima, septuagénaire se dit elle, s’être « retrouvée, en compagnie de voisines, bloquées par la pandémie » qui les a « privées d’un mois de ferveur, notamment des Tarawih (prières surérogatoires) et des rencontres conviviales habituelles qui font le charme du Ramadhan ».

« C’est la première fois dans ma vie que je vis cette situation exceptionnelle et passe un mois de Ramadhan calfeutré à la maison, en raison des conditions imposées par le Covid-19, privant les fidèles de se rendre aux lieux de culte, les commerçants de vaquer à leurs activités et les citoyens de déambuler librement », a affirmé, pour sa part, Hadj Mohamed qui appelle, cependant, au respect des mesures de prévention contre le Covid-19.

Les jeunes Ahmed et Amine ont, de leur côté, exprimé un grand regret de ne pouvoir s’attabler ce Ramadhan en groupe et partager l’Iftar avec d’autres amis et voisins.

« J’étais habitué lors des précédents Ramadhan à goûter, en compagnie de mes amis, à la saveur de l’action caritative collective au service des jeûneurs », a indiqué le jeune Amine, qui s’est dit déterminé quant même, bien que quelque peu chagriné, de mettre la main à la pâte pour distribuer, avant l’heure de l’Iftar, des repas aux passagers et démunis, notamment les ressortissants africains.

Les consignes de prévention, brident la tentation de tournée des marchés

De nombreux Ouarglis se sont pliés à cette situation de désertion des rues et lieux de rencontres en cette période de l’année où, d’habitude, ils grouillent de monde, notamment dans le centre-ville.

Si certains ont salué les mesures préventives intervenant dans les efforts de préservation de la santé publique contre le Coronavirus, d’autres pensent, par contre, qu’elles les privent de sortie pour se dégourdir les jambes dans les marchés, à l’image d’Imene, la quarantaine et femme au foyer, qui estime « ’impossible d’enfreindre le confinement partiel pour sortir faire les achats de l’Aïd, en plus de la fermeture des boutiques ».

Approchés par l’APS, des commerçants de prêt-à-porter au niveau du quartier Chorfa à Ouargla, se sont dit « frappés de plein fouet par les circonstances actuelles, notamment le commerce de la pâtisserie, des chaussures, de l’habillement et de la mercerie, se trouvant obligés de proposer et livrer leurs articles, via Facebook, et préserver une clientèle fidélisée depuis des années ».

D’autres commerçants semblent ne pas être secoués par la pénurie et les fluctuations commerciales induites par la conjoncture difficile actuelle, à l’instar de commerçantes dans l’informel exposant à domicile, dans différents quartiers, des produits et articles féminins, pour les enfants et mêmes pour des jeunes. Un commerce très attractif des femmes, dit-on.

Mme. Lamia, femme au foyer à la cité Enasr, a avoué que cette année, contrairement aux années précédentes où les habits de l’Aïd pour les enfants étaient achetés avant le Ramadhan, elle a eu recours à une vendeuse via Facebook pour se procurer ses articles, en dépit de leur cherté et de leur gamme réduite et non renouvelée.

Une spécialiste de ce type de commerce virtuel a, de son côté, reconnu vertement que « le malheur des uns fait le bonheur des autres », expliquant que la fermeture des boutiques a ouvert la voie au lancement d’activités commerciales virtuelles leur permettant d’attirer une clientèle servie par mobile et par facilités.

D’autres citoyens et familles de Ouargla n’ont pas hésité à relever les retombées positives de cette pandémie leur permettant, reconnaissent-ils, de « raffermir les liens familiaux, d’aider leurs enfants dans leur scolarité, et de participer, pour certains, à des concours virtuels de différents types

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