Wednesday, January 2021

La société civile de l’Ahaggar affiche son soutien à l’Amenokal Ahmed Idabir

Rien ne va plus à l’extrême Sud du pays, où les Touaregs ne cessent de pointer du doigt la marginalisation et l’exclusion dont la région fait objet  ces dernières années.  Rassemblés hier samedi, dans le cadre d’une rencontre, tenue à la Maison de la culture, Dassine, dans la ville de Tamanrasset, les représentants de la société civile de l’Ahaggar, on en effet déploré certains retards de développement accusés par la région.

Les représentants de la société civile qui se sont succédé à la tribune ont affirmé que «la région a enregistré des avancées en matière de développement» et qu’il restait encore des «insuffisances à rattraper» dans cette wilaya stratégique aux frontières Sud du pays. «Il existe des préoccupations dont la nature fait qu’elles sont soulevées à l’Amenokal, et d’autres qui sont d’une tout autre nature et doivent être posées aux parlementaires représentants la wilaya», ont estimé des intervenants. Prévue pour le 4 mars avant d’être reportée au 17 du même mois, la rencontre a été, rappelons-le, organisé à l’initiative de l’Amenokal du Hoggar, Ahmed Idabir, et des neveux de son prédécesseur, ainsi que par de nombreuses personnalités locales qui voulaient, vraisemblablement, en finir avec « les brimades administratives » et « multiformes » que subit la population locale, rapporte le quotidien Liberté dans son édition d’aujourd’hui. Liberté fait allusion aux écriteaux et les banderoles placardés sur les murs de la maison de la culture. Des messages lourds de sens ont été transcrits, en grosses lettres, en arabe et en tifinagh, sur de larges affiches : « L’organisation traditionnelle est impérative et non pas symbolique », « Le statut de l’Amenokal ne s’oppose aucunement aux institutions de l’État », « Notre dignité avant tout », « Les jeunes intellectuels soutiennent l’Amenokal ».

Prenant la parole, Ahmed Idabir, a saisit l’occasion afin d’éclaircir certains points et répondre publiquement à ses détracteurs : « Aujourd’hui, c’est le Hoggar qui s’est réuni dans toute sa composante ethnique. Tout le monde est sur un pied d’égalité. On n’est pas venu pour faire de la politique. Notre présence ici est pour crier notre désarroi et notre ras-le-bol. Aussi, pour crier à la marginalisation dont la population se sent  victime ».

Contrairement aux allégations de certains hommes politiques et aux voix qui se sont élevées contre lui, l’Amenokal est intervenu en homme fédérateur et a choisi ses mots pour confirmer que « ce rassemblement est dicté par la négligence et la marginalisation et non par un agenda ou un poste politique. On laisse la politique à ses partis. Notre souci consiste à réclamer pacifiquement notre part du développement, à l’instar de toutes les wilayas du pays ».

L’Amenokal réhabilité

Les représentants de la société civile de l’Ahaggar ont tenu à souligner que cette rencontre «n’est nullement une action de protestation, mais une rencontre destinée à soulever certaines préoccupations et à réitérer le soutien inconditionnel à l’Amenokal, Ahmed Idabir». L’Amenokal de l’Ahaggar, Ahmed Idabir, a tenu, au terme de la rencontre, à remercier les participants, habitants de l’Ahaggar, quel que soit leur horizon sociologique, avant d’appeler à veiller à l’unité de la Nation et à la préservation de ses acquis dans le cadre d’une approche participative et consultative, loin de toute marginalisation. 

Dans un communiqué final sanctionnant la rencontre, les participants ont souligné, notamment, que la fonction de l’Amenokal a de tout temps caractérisé l’organisation sociale dans la région et joué un rôle important dans la préservation de la stabilité dans tous les domaines et de l’intégrité du territoire national. Les habitants de la région réaffirment, selon le document, à la lumière des développements que connait la région, leur «soutien» à l’Amenokal, «conscients tout à fait de son rôle comme véritable système consultatif». Les participants à cette rencontre ont, par ailleurs, exprimé leur attachement à «l’intégrité territoriale et l’unité de destin», soulignant que «l’Algérie appartient à l’ensemble, s’étend à l’ensemble et le restera», loin de toute marginalisation ou exclusion. Ils considèrent, en outre, cette rencontre comme un nouveau départ, et que des rencontres seront projetées dans les mois à venir afin d’établir «un suivi et une évaluation de la prise en charge des doléances».

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