Saturday, October 2020

Un recul remarquable des points de vente anarchiques des moutons à Alger

Les différentes communes d’Alger connaissent, ces jours-ci et contrairement aux dernières années, un recul remarquable des points de vente anarchiques des moutons pour l’Aïd El Adha, suite à la décision de wilaya portant durcissement du contrôle sur cette activité non autorisée dans le cadre du renforcement des mesures de prévention de la Covid-19, a-t-on constaté.

Lors d’une sortie sur le terrain effectuée par l’APS dans nombre de communes d’Alger, dont Baraki, El Harrach, Sidi Moussa, Eucalyptus, Zéralda, Baba Ali, Birtouta, Souidania, Aïn Benian et Rouiba, il a été remarqué un recul notable du phénomène qui marquait habituellement ces lieux à l’approche de l’Aid El Adha, précisément au niveau des espaces publics et bords de la route, du fait de l’augmentation des cas de contamination à la Covid-19 à Alger à l’instar d’autres wilayas.

Dimanche dernier, le wali d’Alger, Youcef Cherfa avait annoncé l’interdiction d’accès à la capitale des camions et véhicules de transport et de vente du bétail et du fourrage en dehors des points de vente autorisés, précisant que ces mesures excluent le transport du bétail destiné aux abattoirs, sur présentation d’un certificat vétérinaire.

Une décision qui intervient dans le cadre du renforcement des mesures sanitaires et préventives visant à contenir la propagation de la pandémie du coronavirus, d’autant que certaines activités économiques et commerciales attirent davantage le grand public.

Dans une déclaration à la chaîne III de la radio nationale, le wali d’Alger a expliqué que ses services avaient ordonné l’interdiction de la vente de moutons dans les points de vente non autorisés, ce qui ne signifie nullement « interdire la vente des ovins en soi, mais plutôt organiser les méthodes de vente selon les mesures de prévention contre l’expansion du virus ».

Ces dernières semaines, la wilaya d’Alger a enregistré « l’entrée de centaines de camions de transport du bétail non soumis au contrôle vétérinaire », ce qui constitue, a-t-il dit, un risque pour la santé publique particulièrement en cette conjoncture épidémiologique.

La plupart des éleveurs approchés par APS ont affirmé la baisse des points de vente anarchiques dans les milieux urbains en raison, expliquent-t-ils, du contrôle renforcé des éléments de la Gendarmerie et de la Sûreté nationales et la crainte des éleveurs saisonniers et spéculateurs des poursuites judiciaires.

La disponibilité des cheptels face à la baisse de la demande

« Les moutons sont disponibles », a affirmé un éleveur de la commune de Ouled Chebel (sud de la capitale), ajoutant que les marchés algérois étaient approvisionnés de manière normale et règlementaire notamment de Djelfa, Biskra et Laghouat.

Il a appelé dans ce sens à l’ouverture d’un marché de gros dédié à la vente de bétails à Alger ainsi que la création d’un abattoir moderne.

Contrairement aux années précédentes, cette année est marquée, à la fois, par une disponibilité en matière de bétails et « une demande timide », a fait savoir un vendeur à la commune de Bir Khadem.

Des observateurs ont expliqué « la baisse de la demande par la dégradation des revenus des citoyens dont les activités sont à l’arrêt en raison de la pandémie ».

Les prix de bétails de taille moyenne varient entre 38.000 DA et 45.000 DA, tandis que les prix des moutons les plus costauds avec de longues cornes sont entre les 60.000 Da et 75.000 DA, a-t-on observé, relevant une forte demande sur la race de Ouled Djelal et de Djelfa.

Le défi du respect des mesures de prévention

Mohamed Salim, un citoyen quadragénaire rencontré par l’APS au niveau du point de vente de cheptel (ferme privée) à la cité Plateau à Ain Benian, a indiqué que l’espace est ouvert et qu’il exerce lui-même l’activité de vente de cheptel, tout au long de l’année, en toutes occasions.

Toutes les conditions sanitaires préventives de la propagation de l’épidémie de la Covid-19 sont respectées à l’intérieur, d’autant plus que le propriétaire de la ferme y a mis une pancarte invitant à l’obligation de porter une bavette, de désinfecter les mains par friction hydro-alcoolique et de limiter l’entrée au lieu à seulement deux personnes à la fois.

Un autre client qui se trouvait au niveau du point de vente des moutons dans la région de Sidi M’hamed à Birtouta à l’Ouest d’Alger et qui s’attelait avec soin, au choix de la bête à immoler, affirme être un habitué de cet espace qui est la propriété d’un éleveur qui vend son cheptel dans une ferme privée.

Les clients s’y rendent pour choisir d’abord la bête et négocier son prix, a-t-il indiqué.

Un autre éleveur sur la route de Bainam dans la commune de Hammamet, estime que Facebook est devenu désormais « un moyen efficace » pour « drainer les clients de toutes les communes de la capitale, d’autant plus que les photos, le volume et les prix des bêtes y sont affichées, ce qui épargne aux clients la contrainte du déplacement, comme ce fut le cas auparavant.

Une solution qui s’est imposée du fait du confinement, a-t-il expliqué.

A son tour, M.S. Mahmoud, un vétérinaire privé, a indiqué à l’APS, l’importance de l’hygiène et des mesures préventives de la propagation de l’épidémie de Coronavirus lors de la période de confinement sanitaire.

Il cite, le lavage à l’eau javellisée des outils et instrument utilisés dans l’immolation et la découpe de la bête (couteaux, entre autres), ainsi que le nettoyage à l’aide de la chaux du lieu du sacrifice, une fois l’immolation terminée, et ce pour « éliminer toute source possible qui favorise la propagation de ce virus », a-t-il souligné.

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