Mondial-2018: l’Italie se prépare à la Coupe du Monde des autres

Le Mondial des autres. Pour la première fois depuis 1958, l’Italie va vivre cet été une Coupe du Monde (14 juin – 15 juillet) à laquelle ne participe pas son équipe nationale, toujours en plein chantier depuis son élimination en barrages au mois de novembre.

La saison italienne a été superbe: la Roma a été demi-finaliste de Ligue des Champions et la Juventus quart de finaliste comme la Lazio en Europa League; en Serie A, le suspense a été total jusqu’au bout pour le titre, les qualifications européennes et la relégation. Mais c’est fini.

Désormais, la planète entière va se tourner vers les listes des 23, les rassemblements, les matchs amicaux pré-Mondial. L’Italie n’y sera pas, ou bien seulement comme sparring-partner. Les quadruples champions du monde vont échauffer la France et l’Arabie Saoudite et c’est un peu triste.

« Je vais le regretter toute ma vie. On a enlevé aux enfants la possibilité d’avoir le coeur qui bat pour la Coupe du Monde », racontait Gianluigi Buffon à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel quelques semaines après l’élimination de la Nazionale par la Suède.

Sur les terrains de calcetto (foot à cinq) de Rome et d’ailleurs, les enfants en question racontent qu’ils vont soutenir l’Argentine, « parce que Dybala est trop fort », la Belgique, « parce qu’il y a Nainggolan de la Roma », ou la France, pour faire plaisir au journaliste.

Mais il n’y aura pas la Nazionale, ses quatre titres mondiaux et ses deux finales perdues. Et si l’Italie va forcément manquer à la Coupe du Monde, l’inverse risque d’être encore plus vrai.

Cafés et télés 

Pourtant, quand on parle avec lui de cafés vides cet été pendant les matchs, le légendaire gardien Dino Zoff assure qu’on fait fausse route. « Les tifosi seront là. Là où il y en aura moins, c’est en Russie. Mais les Italiens vont regarder ça à la télé », promet le champion du monde 1982.

Pour Roberto Gandolfi, vice-président de l’équipementier italien Errea, qui sera lui bien présent en Russie via les maillots qu’il fournit à l’Islande, l’absence de la Squadra Azzurra aura tout de même des conséquences économiques.

« Nous, on a l’Islande et c’est très positif. Mais quand on pense aux commerces de téléviseurs, ce genre de choses, il est évident qu’il y aura un préjudice. On ne s’en rendra probablement pleinement compte qu’après le Tournoi », a-t-il dit à l’AFP.

Le préjudice sportif a lui été immédiat et l’élimination par la Suède a été vécue comme une Apocalypse. Mais au moins, promettait le monde du calcio, tout allait changer.

Or, plus de six mois après, l’Italie n’a toujours pas de sélectionneur, ni de président de fédération. De son côté, la Nazionale a glissé à la 20e place du classement Fifa, son plus bas historique.

Trois VAR 

« Il faut attendre les jeunes. Ils sont là. Je pense qu’on a un groupe de 20-25 joueurs qui peuvent réussir, avec un peu d’expérience », assure Dino Zoff.

Avec quel entraîneur ? Carlo Ancelotti a dit non et le choix devrait finalement se porter sur Roberto Mancini, s’il parvient à régler ses affaires contractuelles avec le Zenit Saint-Pétersbourg.

« Ne pas voir la Nazionale ne sera pas agréable pour nous, ça ne sera pas la Coupe du Monde comme elle est d’habitude. Il faut avoir l’espoir de voir la sélection revenir parmi les meilleures du monde », a récemment déclaré l’ancien entraîneur de l’Inter Milan et de Manchester City à la Rai Radio.

Pour Mancini, l’Italie « n’a pas actuellement les grands champions qu’elle a toujours eus ». « Mais, poursuit-il, elle a de bons joueurs, parce que des bons joueurs, il en naît toujours en Italie. »

En attendant que ces bons joueurs deviennent de grands joueurs, le pays va donc regarder d’un oeil ce Mondial des autres, où les Italiens les mieux représentés seront… les arbitres, avec un central mais aussi trois chargés de l’arbitrage vidéo (VAR) sur les 13 sélectionnés par Pierluigi Collina, un autre Italien.

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