Sunday, September 2020

Dévaluation du dinar, changement de billets de banque et allocation touristique….la Banque d’Algérie s’explique

Les rumeurs récurrentes sur un éventuel « changement de monnaie » sont fantaisistes et « n’ont aucun sens dans la situation actuelle de notre économie ». C’est ce qu’a laissé entendre ce mardi matin,  vice-gouverneur de la Banque d’Algérie qui intervenait sur les ondes de la chaîne III de la Radio nationale.

Djamel Benbelkacem a dans ce cadre, noté «  une confusion entre le changement d’unité monétaire et le rafraîchissement des billets de banque en circulation qui est une opération qui se fait en moyenne tous les dix ans dans la plupart des pays du monde ». « Nos  coupures de 1000 dinars ont déjà plus de 30 ans d’existence », a soutenu le même responsable relevant qu’au « cours prochaines années, on va assister à  la mise en circulation de nouvelles coupures qui vont cohabiter pendant plusieurs années avec les anciens billets pour les remplacer progressivement ».

Autre sujet qui n’est pas « d’actualité », selon le vice-gouverneur de la Banque d’Algérie : l’augmentation du montant de l’allocation touristique. « Ce n’est pas le moment. La priorité est aujourd’hui au rétablissement de nos équilibres financiers. Il y a 10 millions de passeports et entre 3 et 4 millions d’Algériens qui voyagent à l’étranger chaque année. Cela représenterait un effort financier qui n’est pas possible dans la période actuelle », a-t-il explicité reconnaissant un peu plus loin qu’on « aurait sans doute pu le faire au cours des années fastes de nos finances extérieures ».

Dépréciation du dinar, un «ajustement nécessaire»

La monnaie nationale ne cesse de régresser face aux monnaies européennes. Rien qu’en décembre 2017, le dinar a perdu 15,36% de sa valeur. Si ce constat est établi par tous, les raisons de cette «dépréciation» varient d’un spécialiste à un autre. Pour le vice gouverneur de la Banque d’Algérie, Djamel Benbelkacem, la perte de la valeur du dinar est un «ajustement nécessaire».  Affirmant  que le dinar n’est pas la seule monnaie à connaitre un recul par rapport à l’Euro qui ne cesse de s’apprécier,  le représentant de la Banque d’Algérie, a noté que l’autorité financière n’a opéré que des «ajustements nécessaires».  «En termes simples, si les monnaies de nos pays partenaires se sont dépréciées par rapport à l’Euro et que nous n’avons pas déprécié le dinar on aurait donné une prime à l’importation en provenance de ces pays là», a-t-il soutenu soulignant que la valeur d’une monnaie doit refléter toujours les performances économiques d’un pays, alors que l’économie nationale, «n’est pas performante et n’est pas assez compétitive».

Rappelant que le taux de change a été dans un premier temps, en 2015, «le premier amortisseur» permettant d’atténuer l’impact de la crise, le numéro 2 de la Banque D’Algérie, affirme en revanche ; «le taux de change ne peut pas diminuer à lui seul les importations». «Résoudre le problème des importation, c’est résoudre les problèmes structurels et les grands déséquilibres de notre économie. Il y’a d’autres variables qu’il faut mettre en œuvre pour rétablir ces équilibres», a-t-il argué.  Á ce propos, il a estimé  que pour parvenir à rétablir les équilibres, il ne faut pas se contenter de réduire les dépenses, mais envisager l’augmentation de l’offre et des recettes. «Il faut améliorer le recouvrement fiscal, rationaliser les subventions et les exonérations », a-t-il préconisé.

 À propos de l’ouverture éventuelle de bureaux de change, le vice- Gouverneur rappelle qu’ils sont « uniquement destinés aux non résidents ». « La Banque d’Algérie en a d’ailleurs agréé 88 qui ont fermé les uns après les autres par manque d’activité parce que nous n’avons pas assez de touristes », a-t-il affirmé.

Le financement non conventionnel sans « effet »  sur la valeur de la monnaie

Interrogé sur l’impact de la mise en œuvre de la politique du «financement non conventionnel», Djamel Benbelkacem, s’est montré rassurant estimant que cet outil n’aura pas d’impact direct sur la valeur de la monnaie nationale. «Le financement non conventionnel a été mis en place dans une situation exceptionnelle dans le but d’accompagner les réformes structurelles de notre économie qui permettront, sur les cinq prochaines années à rétablir les équilibres de la balance des payements et du budget de l’Etat», a-t-il dit en précisant que  « si ces objectifs sont atteint» la valeur du dinar ne sera pas impactée.

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