Wednesday, November 2020

Présidentielle 2019 et opposition, les raisons d’une déroute annoncée

Au moment où les partis du pouvoir affichent leur ambition à conserver les commandes du pays en remportant l’élection présidentielle de 2019, l’opposition cherche ses repères. Les Mouhafedhs du FLN, réunis avant-hier à Alger ont indiqué que l’échéance de la présidentielle constitue « un véritable défi pour l’unité, la force et le déploiement du parti ». Ils ont réitéré à l’occasion, leur engagement et leur mobilisation en faveur de la concrétisation de la victoire. Plus clair que ça, il n’y en a pas.

Pendant ce temps, les partis de l’opposition noyés dans les luttes fratricides et les slogans creux d’union, perdent d’avantage de temps. Le plus vieux d’entre eux, le FFS, est occupé à panser les plaies d’une crise sans précédents, avant la tenue du congrès extraordinaire du 20 avril et dont les résultats ne sont pas forcément annonciateurs de stabilité.

A moins qu’ils ne laissent de coté leur égo et s’unir sur un vrai projet de société avec un plan de bataille capable de mener le pouvoir à la table des négociations, les partis de l’opposition n’ont aucune chance face à la machine du pouvoir

Luttes fratricides

Dans le camp des islamistes, le MSP n’échappe pas à cette logique. Le retour de Aboudjerra Soltani au devant de la scène pour relancer le débat sur la ligne que doit adopter le parti, à la veille du 6e  congrès prévu début mai, déstabilise la maison. L’ancien président du parti se présente comme concurrent direct à Abderrezak Makri, qu’il accuse d’avoir « inscrit le MSP dans l’opposition radicale sans résultats ».

Le Mouvement Nahdha de Mohamed Douibi vit les mêmes déboires, avec la montée au créneau du président du Conseil consultatif (Madjlis Echoura), El Hadi Athmania. Ce dernier appelle, en des termes à peine voilés à renverser Douibi qui, selon lui «  a dévié le parti de sa ligne et consacré la gestion unilatérale et autoritaire ».

Ambitions personnelles inavouées

A ceux là s’ajoute la proposition toujours d’actualité d’un « candidat de consensus » défendue par Jil Jadid de Djilali Soufiane et adoptée par Ali Benflis dont l’ambition de mener le bateau est un secret de Polichinelle. Finalement, le rassemblement de l’opposition en Algérie ne peut dépasser son caractère conjoncturel. Et pour cause, l’histoire de l’Instance de concertation et de suivi de l’opposition (Icso), qui a explosé à la veille des législatives de mai 2017 n’est pas loin.

En février de la même année, Djilali Soufiane avait claqué la porte avec d’autres membres, dénonçant « la mascarade de participation » aux législatives. Pourtant, le RCD qui a tenu dernièrement son congrès a, déclaré par la voix de son président, Mohcine Belabbas, que « le projet de transition démocratique est toujours d’actualité », souhaitant « de nouveaux compromis ».  Le Même Belabbas qui, en septembre 2017 à la veille des élections locales, avait accusé ses ex-partenaires d’avoir été à l’origine de l’échec du projet de Mazafran ! « Nous n’avons pas été suivis par les autres acteurs de notre regroupement dans notre démarche de mobilisation pacifique», avait-il dit.

L’expérience Icso

A moins qu’ils ne laissent de coté leur égo et s’unir sur un vrai projet de société avec un plan de bataille capable de mener le pouvoir à la table des négociations, les partis de l’opposition n’ont aucune chance face à la machine du pouvoir. Une machine qui, dans le cas d’un cinquième mandat de l’actuel président, Abdelaziz Bouteflika, ou d’un autre candidat qui fera consensus au sein du « système », pour reprendre Mouloud Hamrouche, est déjà mise en marche.

 

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