Tuesday, January 2021

L’opposition n’a plus d’influence, les syndicats et les réseaux sociaux font peur au pouvoir

Que reste-t-il à l’opposition en Algérie ? Les partis politiques opposants au pouvoir n’ont plus aucune influence sur la rue et l’opinion publique, selon les résultats d’une enquête menée par les services de sécurité au lendemain des élections législatives de mai 2017.

L’enquête a été ordonnée en décembre de l’année dernière, par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, rapporte le quotidien El-Khabar ce samedi 31 mars. « Tous les mouvements de protestation et conflits et même les appels au boycott étaient indépendants à toute forme d’influence des partis de l’opposition », écrit le quotidien arabophone citant les conclusions de l’enquête.

En effet, le pouvoir, la présidence en particulier, s’étaient inquiétées de la montée soudaine et en puissance des contestations sociales, et avaient soupçonné « l’existence d’une partie qui manipulerait la rue et ayant un projet politique ». L’enquête, menée par la police, la gendarmerie nationale et les services de sécurité de l’armée et concentrée sur 20 wilayas du pays, « a exclut tout rôle de l’opposition dans le bouillonnement de la rue depuis 2012 ». Ce sont les syndicats autonomes parvenus à paralyser différents secteurs comme la santé et l’éducation, qui ont une forte capacité de mobilisation de la rue. « Ils agissent indépendamment des partis », ajoute la même source.

Syndicats autonomes, la force tranquille

Il faut dire que depuis quelques années, les organisations syndicales poussées par la détérioration du pouvoir d’achat, les mauvaises conditions de travail et les lois qualifiées d’« antisociales », font peur au pouvoir. En parallèle au vide laissé par les partis traditionnels, c’est le monde virtuel qui semble avoir pris le dessus sur l’opinion publique.  « Les rapports de différents corps de sécurité, détaille le journal, ont conseillé le pouvoir de contenir une autre forme de l’opposition, plus forte, et directement liée aux réseaux sociaux ».

D’après les résultats des investigations, il s’est avéré que « le travail politique mené par les activistes et partisans du boycott des élections sur les réseaux sociaux, était plus influant que tous les appels au boycott lancés par les politiques ». « Les partis, de l’opposition comme du pouvoir, ont perdu toute capacité de mobilisation populaire », précisent-ils.

La nouvelle opposition « virtuelle »

A la lumière des conclusions de cette enquête, l’opposition semble complètement affaiblie à la veille de l’élection présidentielle 2019. Un rendez-vous important en prévision duquel, les appels à une candidature unique de l’opposition, se multiplient. Mais, pourront-ils mobiliser les algériens autour d’un seul projet ? Difficile de l’admettre.

Cette « incapacité » totale à mobiliser, s’ajoute en effet à la situation dans laquelle se trouvent plusieurs formations politiques sur le plan interne, avec notamment des luttes pour le contrôle de l’appareil. Les exemples du FFS, du MSP, d’Ennahda sont les plus en vu.

Avec des millions d’algériens connectés, surtout avec la généralisation de la 3G et de la 4G, Facebook, tweeter et autres, constituent « le nouveau casse-tête » du pouvoir.

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