Entretien avec Fethi Gharès, premier candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2019

Entretien réalisé par Mohamed Benchargui 

Le Mouvement démocratique et social (MDS) participera à l’élection présidentielle de 2019 en Algérie. Il  a élu le 27 avril dernier à l’issu d’un congrès Fethi  Gherès, porte-parole du parti, comme candidat à cette joute électorale. Entretien avec le premier candidat déclaré à la présidentielle de 2019.

 Se concentrer sur les individus au lieu des programmes biaise le débat et induit en erreur la société sur les enjeux réels de telles échéances

Vous êtes candidat à la candidature à l’élection présidentielle 2019. Comment le choix du MDS sur votre personne s’est-il fait?

(Sourire) Cette question doit avant tout être posée aux militants de notre mouvement. Ce qui est sûr c’est que le choix des militants du MDS d’investir un candidat à ces élections correspond aux exigences de la situation actuelle du pays.

 Pour une première dans votre carrière politique, vous vous engagez dans la course à la magistrature suprême du pays. Ne pensez-vous pas que c’est un peu aventureux ?

Ce qui est aventureux aujourd’hui en Algérie, c’est de continuer à mener la politique du pouvoir, qui fragilise l’état, divise la société et pousse au désengagement. Mon implication est un devoir citoyen et la tâche qui m’a été confié par mes camarades congressistes est de faire sortir l’Algérie de la situation dangereuse dans laquelle elle se trouve actuellement.

Le MDS a disparu du paysage politique durant des années. Serait-il capable de relever le défi de la participation à cette échéance, sachant qu’il est appelé à dépasser les conditions imposées par la loi électorale afin de valider votre candidature ? Comment vous comptez y faire?

Comment peut-on parler de « disparition » d’un parti qui depuis des années subit sans cesse les pressions de l’administration ? J’en veux pour preuve les derniers procès subis par les dirigeants du MDS, en l’occurrence le coordinateur national Hamid Ferhi ainsi que moi-même, ces pressions ne viennent pas de nulle part et sont, si j’ose dire, le résultat de nos différentes actions visant à mobiliser la société et à lui faire connaitre notre projet.

La seule confiance que j’ai est dans le peuple Algérien, et nous savons que seule son implication permettra de corriger la trajectoire politique du pays

Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a appelé la classe politique à la confrontation des programmes pour une course au pouvoir. Est-ce cet appel que vous avez entendu?

Nous avons entendu l’appel de l’Algérie et c’est évident qu’un parti politique est fondé autour d’un projet et a pour but de prendre le pouvoir. Le problème actuellement c’est que toute la classe politique, opposition comprise, vide la scène politique du débat autour des programmes et se concentre sur les individus.

Le suspens sur la candidature de Bouteflika pour un cinquième mandat est maintenu. Auriez-vous une chance au cas où l’actuel président décide de rempiler ?

Au risque de me répéter, se concentrer sur les individus au lieu des programmes biaise le débat et induit en erreur la société sur les enjeux réels de telles échéances. Celui qui compte sur la chance doit faire autre chose que la politique car militer c’est aussi créer les conditions favorables qui permettent la réalisation du projet que nous portons.

Avez-vous confiance en la transparence des élections ?

La seule confiance que j’ai est dans le peuple Algérien, et nous savons que seule son implication permettra de corriger la trajectoire politique du pays. Ceci passe évidemment par le vote massif des électeurs et la surveillance des urnes pour garantir la transparence. C’est un combat parmi d’autres.

Des acteurs de l’opposition ont plaidé en faveur d’un candidat unique. Pourquoi le MDS fait cavalier seul alors que réunie, l’opposition aurait beaucoup plus de chances ?

La candidature unique de l’opposition autour de quoi ? Ceci ne ressemble-il pas au faux-suspens créer autour du 5ème mandat, qui comme je l’ai dit plus haut, fait tout pour nous éloigner du débat de fond. Le MDS à travers son candidat est porteur d’un projet de société clair et appelle toutes les forces vives de la nation à s’engager et à soutenir cette candidature et ceci passe évidemment par la collecte des signatures requises à la participation mais aussi le vote lors de l’élection.

 Quelle est la feuille de route du MDS et de son candidat que vous l’êtes?

Le programme du MDS est construit autour du slogan : Pour un large gouvernement de travail. Le développement du pays ainsi que son intégrité et sa souveraineté ne peuvent perdurer que par le passage vers une économie productive qui se débarrasserait des dangers de l’import import qui est le premier responsable de la fuite des capitaux ainsi que de l’informel qui représente aujourd’hui près de 50% de notre économie national. Nous avons deux propositions phares dans notre programme : le changement de la monnaie qui permettrait la bancarisation de l’argent informel ainsi que la protection de nos entreprises publiques et privés face au marché mondial pour nous permettre de faire réellement émerger notre production national et de gagner notre place dans le monde d’aujourd’hui qui est de plus en plus incertain.

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