Sunday, January 2020

Abdelaziz Belaïd, « dans les pays qui se respectent, s’il n’y a pas de solution on ne licencie pas des milliers de travailleurs, le Gouvernement part »

Abdelaziz Belaïd, président du Front El Moustakbal ambitionne d’être président de la République et le dit clairement. : «Je milite pour être président de la République» a-t-il en effet affirmé dans un entretien  publié ce dimanche par le  Soir d’Algérie.

Le candidat malheureux aux élections présidentielles de 2014 s’est également attardé sur maintes questions d’actualité qui prévalent ces derniers jours dans le pays. Á commencer, à titre illustratif, par les récentes grèves des médecins et les enseignants. Á ce sujet,  Abdelaziz Belaïd, a rappelé que beaucoup de travailleurs qui n’ont rien à faire avec les syndicats font grève pour exprimer leur ras-le-bol. C’est l’exemple, a-t-il dit,  des médecins résidents, ils se sont réunis et ont désigné des délégués mais pas sous la bannière d’un syndicat. « Il y a une règle universelle qui fait que si des travailleurs ou des syndicalistes ne trouvent pas de solutions avec l’administration et recourent à la grève hors du cadre légal, tous deux sont responsables : l’administration et les grévistes. L’administration n’aura pas su gérer les discussions et ouvrir un véritable dialogue », a-t-il résumé. Quant aux grévistes, ils placent, selon lui,  la barre très haut dans leurs revendications. « Certes, ils ont raison afin d’arriver à un seuil de revendications. Et là, les deux ont failli », a-t-il déploré.  Résultat des courses : Nous nous retrouvons dans l’impasse, tous les canaux de communication, voire les médiations, ont visiblement échoué. Comment en sortir ? « Il faut un dialogue réel. Pour l’administration ou le système d’une façon générale, lorsqu’il discute avec les travailleurs, il y a ouverture du dialogue mais encore faut-il qu’il aboutisse à un résultat. Le dialogue, c’est de lâcher du lest chacun de son côté afin d’arriver à un compromis », a estimé Abdelaziz Belaïd estimant que le Gouvernement a failli dans sa mission partir du moment où il licencie des milliers de travailleurs.  Pour lui,  dans les pays qui se respectent, s’il n’y a pas de solution on ne licencie pas des milliers de travailleurs, le Gouvernement part. « Chez nous, il peut mettre au chômage un million de travailleurs afin qu’un responsable ou un ministre reste en place ! Est-ce normal ?  Ces mouvements sociaux peuvent-ils faire tomber ce gouvernement ? Dans tout pays démocratique, si un ministre ne peut pas gérer les mouvements sociaux, il doit céder la place à plus compétent », a-t-il laissé entendre.

Une classe politique « faible », les harragas et Naïma Salhi,

Abdelaziz Belaïd a également sévèrement chargé toute la classe politique qui est faible, pouvoir et opposition. « On est tous faibles parce qu’on n’a pas su répondre aux attentes de la population, on n’a pas su mener un véritable dialogue entre nous, gérer nos problèmes. II ne faut pas dissocier le pouvoir de l’opposition. Il ne faut pas que le gouvernement ou le pouvoir voient dans ces partis et ces syndicats des ennemis », a-t-il souligné à ce propos. Au contraire, a-t-il soutenu,  ils sont complémentaires, nous sommes complémentaires. Nous sommes tous impliqués dans un jeu politique qui a pour but de trouver des solutions aux problèmes qui se posent au peuple, à cette nation. « Je dois dire que la démocratie est une culture qui fait que chacun de nous voit en l’autre un complément, une force additive. Hélas, nous sommes dans le dicton qui dit : si tu n’es pas avec moi, tu es contre moi », a insisté Abdelaziz Belaïd. Sur le plan économique Abdelaziz Belaïd a estimé que  si l’on veut être un pays réellement indépendant, il faut aller à l’agriculture, l’industrie agroalimentaire et le tourisme. « S’agissant de l’industrie d’une façon générale, on ne peut pas être performant en 10 ou 20 ans connaissant la concurrence au niveau mondial », a-t-il dit. Analysant le drame des harragas, le président du Front Moustakbal estime que si beaucoup de gens pensent que les harragas veulent aller chercher du travail ailleurs c’est parce qu’ils veulent la paix et être reconnus comme des êtres humains, des citoyens respectés. « Je connais beaucoup de cadres qui demandent à partir dont des médecins installés, des ingénieurs, des enseignants. Le problème, ce n’est pas la faim qui les pousse à partir mais la recherche de la dignité, le bien-être et la sécurité. Et ça, c’est un tout. J’ai observé que nos cadres dans les administrations sont hypertendus ou diabétiques. Il y a la pression et l’impossibilité de s’exprimer. En dehors de l’administration, dans le secteur privé, ils ont tous les problèmes du monde. L’Algérien n’est pas bien, l’Algérien souffre », a-t-il déploré. Dans sa réponse à Naïma Salhi, la présidente du Parti de l’équité et de la proclamation (PEP), avec ses déclarations incendiaires, Abdelaziz Belaïd rappelle que la Constitution est claire quant à l’amazighité. « Tout ce que l’on attend, c’est de donner la chance aux experts, aux chercheurs et ne pas politiser la chose. Cela demandera beaucoup de temps, de patience et d’intelligence afin de donner toute la place à nos cultures et langue amazighes. Pour moi, toute cette controverse, c’est peut-être pour faire diversion sur les vrais problèmes et occulter l’essentiel », a-t-il dit.

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