Agression de l’occupant israélien contre Ghaza, la CPI sommée d’ouvrir une enquête sur des crimes de guerre

Les tirs de l’armée de l’occupation israélienne se poursuivaient dimanche à Ghaza, où des dizaines de milliers de Palestiniens se rassemblent depuis le 30 mars pour la « Marche du retour », qui revendique le droit des Palestiniens à retourner sur leurs terres, alors que l’inquiétude sur la situation humanitaire devient pesante et les appels à « ouvrir une enquête » sur des crimes de guerre et d’apartheid se multiplient.

Selon le ministère de la Santé de la bande de Ghaza, deux hommes, Hussein al-Amour, 25 ans, et Abdel Halim al-Naqa, 28 ans, ont été tués lorsque l’armée israélienne a tiré sur des manifestants à l’est de Rafah, une ville située dans le sud de l’enclave palestinienne.

Samedi soir, l’aviation israélienne a procédé à des frappes sur deux positions du mouvement  de résistance palestinien Hamas dans la bande de Ghaza.

Par ailleurs, 25 Palestiniens ont été blessés par les tirs de soldats israéliens lors d’une manifestation pacifique vendredi sur le long de la frontière orientale de la bande de ghaza avec Israël, a déclaré le  ministère de la Santé de Ghaza.

Quelque jours plus tôt, l’aviation israélienne avait bombardé des positions dans la ville de Ghaza et la localité de Jabalia au nord de  l’enclave en les endommageant complétement et dévastant les propriétés des  Palestiniens.

Ces frappes interviennent alors que des dizaines de milliers de Palestiniens de la bande de Ghaza se rassemblent depuis le 30 mars dans l’est de Ghaza pour la « Marche du retour », pour réclamer pacifiquement le droit de retourner sur les terres dont ils ont été chassés ou qu’ils ont fuies en 1948.

Les forces d’occupation israéliennes ont tué depuis cette date au moins 118 Palestiniens et blessé environ 12 000 autres dont 50 sont dans un état critique, selon un nouveau bilan fourni par le ministère de la Santé.

La mobilisation a connu sa journée la plus meurtrière le 14 mai, jour du transfert controversé à El Qods occupée de l’ambassade américaine.

Situation humanitaire inquiétante et crimes de guerres

Confrontée à une catastrophe humanitaire et sanitaire majeure en raison du grand nombre de Palestiniens blessés par des tirs israéliens lors des rassemblements, Ghaza, depuis plus de 10 ans sous blocus israélien, suscite une grande inquiétude.

L’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens a lancé cette semaine un appel à la communauté internationale afin de sauver le système de santé de Ghaza, qui ne cesse de se dégrader.

 » J’adresse un appel d’urgence pour sauver le système de santé de Ghaza », a déclaré le commissaire général de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés (UNRWA), Pierre Krahenbuhl.

Krahenbuhl a également appelé à renforcer la capacité de l’UNRWA à assurer des soins aux patients après leur hospitalisation, et pour veiller à l’assistance à long terme dont auront besoin les nombreux patients amputés.

L’UNRWA, qui assure une aide en matière d’éducation, de santé et d’alimentation à près de 5 millions de réfugiés palestiniens enregistrés au Moyen-Orient, est déjà confronté à un déficit financier important suite à la suspension récente des financements des Etats-Unis.

En parallèle, un appel à la Cour pénale internationale (CPI) à « ouvrir immédiatement une enquête », a été lancé par le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riyad al-Maliki, sur des crimes de guerre et d’apartheid envers les Palestiniens commis par les forces d’occupation israéliennes.

Il s’agit d’une « étape importante et historique vers la justice pour le peuple palestinien qui continue de souffrir de crimes généralisés et systématiques », a-t-il déclaré.

A la demande des Palestiniens après l’agression militaire de Ghaza à l’été 2014, la CPI a lancé en 2015 une enquête préliminaire sur des accusations de crimes de guerre commis par Israël dans les territoires palestiniens.

Mais elle doit encore décider l’ouverture d’une enquête en bonne et due forme sur des crimes de guerre.

M.al Maliki a souligné que l’initiative palestinienne intervient « en raison de l’intensité, du rythme et de la sévérité des crimes contre notre peuple » y compris la prise pour cible de « manifestants non armés dans la bande de Ghaza ».

Alors que des dizaines de Palestiniens sont tués quotidiennement par l’armée israélienne, les Etats-Unis ont bloqué l’adoption d’un communiqué du Conseil de sécurité de l’ONU appelant à un enquête indépendante sur les évènements meurtriers dans la bande de Ghaza.

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