Sunday, November 2019

Après sept ans d’opposition, le MSP veut-il un retour au pouvoir ?  

Le Mouvement de la société pour la paix (MSP), fait-il dans l’offre de service au pouvoir ? La question trouve ses raisons dans le dernier communiqué de la session extraordinaire du Conseil consultatif (Madjlis Echoura) du parti, publié ce samedi 2 juin. Un document plat qui se limite à reprendre les positions officielles de l’Algérie sur certaines questions. Le changement de ton est perceptible !

A l’exception de son insistance sur « la poursuite des efforts du mouvement pour arriver à un consensus national pour la gestion de la prochaine étape », le parti d’Abderrezak Makri a épargné le gouvernement de critiques virulentes qu’il lançait depuis quelques années. Dans ce qui semble être un appel à l’Exécutif d’Ahmed Ouyahia, le MSP plaide à « saisir la chance de la montée des prix du pétrole sur le marché international, pour exploiter la rente dans le développement durable et l’amélioration du cadre de vie du citoyen ».

Positions officielles

Même les nouvelles taxes annoncées sur les documents officiels dans la LFC-2018, le MSP se contente d’appeler à s’en éloigner, mettant en garde contre « les conséquences de cette fausse voie ». Le reste du communiqué final du Madjlis Echoura, instance suprême entre deux congrès, est venu dans un discours qui ressemble à celui du FLN ou du RND. Le MSP va « prendre acte des efforts » des institutions sécuritaires sur nos frontières, appelle « à la vigilance », et « se félicite de la vision de l’Algérie » à trouver des solutions justes au Mali et en Libye. Ce qui, selon le parti, « rétablira la paix dans la région ». Comme il se félicitera aussi de « l’honorable position » de l’Algérie dans son soutien de la cause palestinienne.

Retour au gouvernement ?

En adoptant ce discours, le parti islamiste qui a quitté le gouvernement en 2012, envoie-t-il des messages au pouvoir, quant à sa volonté de retourner dans son giron ? Mais, faire l’impasse sur la loi sanitaire adoptée au Parlement, la situation économique, la situation politique, le front social avec la grève des médecins résidents est, le moins que l’on puisse dire, nouveau chez le MSP.

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Le débat sur le retour ou non au pouvoir est revenu avec insistance ces derniers mois au sein du parti. La montée au créneau du courant participationniste qu’incarnent Aboudjerra Soltani et Abdelmadjid Menasra, suivis par beaucoup de cadres, a poussé Makri à se réviser. Malgré son élection pour un autre mandat, lors du dernier congrès tenu le 10 mai, le président du parti semble convaincu de l’inutilité de continuer son opposition radicale sans résultats. L’idée d’intégrer « un gouvernement d’union nationale avec des conditions » n’est d’ailleurs pas exclue du jargon de Makri.

La présidentielle en ligne de mire

Ces signes interviennent à quelques mois d’une élection présidentielle cruciale et dans laquelle « le MSP compte avoir un rôle à jouer », avait laissé entendre dernièrement son président dans un entretien. Makri est allé même jusqu’à déclarer que tout un chef de parti aspire à devenir président. Ce qui sous-entend qu’il pourrait bien être candidat à la magistrature suprême, ne serait-ce que dans le cadre de ce « rôle » qu’il attribue à son parti. De quelle manière aura-t-il à le faire ? C’est ce que nous révéleront les prochains jours.

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