Tuesday, January 2021

Belabbas fait le « contre-bilan » du règne de Bouteflika  

Mohcine Belabbas, président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), a violement critiqué la précampagne pour un  5e mandat du président Abdelaziz Bouteflika, et dont le bilan passé reflète « un règne autoritaire ».

« Depuis quelques semaines, la rengaine à la mode est de glorifier le bilan de Bouteflika. Ce bilan comptable, dont le poids des réalisations structurantes est d’une indigence affligeante, oblige les animateurs de la cour à présenter la stagnation du prix du repas dans les restaurants universitaires comme un acquis majeur de cette gouvernance », a déclaré Belabbas, ce vendredi 4 mai, dans un discours prononcé à l’ouverture du congrès des Jeunes progressistes de son parti. Pour lui, il y a une «  confusion sciemment entretenue », entre bilan politique et bilan comptable.

Mohcine Belabbas estime que « le bilan de vingt ans de règne autoritariste n’a nul besoin d’être déclamé », pour les Algériens, car « ils le vivent au quotidien ». « En vérité, la panique du quadruple premier ministre devant un Etat mis dans l’impossibilité de payer ses fonctionnaires sans le recours à la fabrication de billets de banque, en réalité de faux billets du fait qu’ils n’ont aucune contrepartie de production, suffit à caractériser ce bilan », assène le président du RCD.

Dilapidation, chômage, lois liberticides…

« Des dizaines de milliards de dollars dilapidés », « un chômage endémique », « des lois liberticides, une scène politique verrouillée », sont autant d’exemples cités par l’orateur pour contrecarrer « les réalisations » que défend Ould Abbès, SG du FLN et Bouteflika lui-même dans son message à l’occasion de la fête internationale du travail.

Le président du RCD, devant les jeunes du parti, rappelle une autre image pour, ironise-t-il, « compléter le bilan » : Celle des « chaines interminables » d’étudiants devant le CCF pour obtenir un visa et quitter le pays et « ils seront 23 000 à être retenus cette fois-ci pour grossir les 65 000 jeunes algériens qui poursuivent leurs études dans les universités françaises en vue d’une insertion professionnelle en Europe ».

Pour « un président qui s’adresse aux Algériens » !

Face à cette situation, il pense que « plus que jamais, l’Algérie a besoin d’un président, un président qui fixe le cap et ouvre des perspectives et non d’un président qu’on exhibe épisodiquement pour leurrer l’opinion sur sa bonne santé ». Des propos qui sonnent comme un appel à désavouer la candidature de Bouteflika pour un 5e mandat.

Pour Belabbas, l’Algérie a besoins d’« un président qui saura convaincre les Algériens (…) en s’adressant à eux par lui-même et non par des lettres et messages lus par des tiers » et ce président « seul le peuple souverain pourra, devra et saura le choisir ».

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