Saturday, May 2019

Cinquième mandat…Ould Abbès aurait-t-il agi seul ?

L’appel du secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbès, au président Bouteflika « de poursuivre son œuvre entamée depuis 1999 », est compris par beaucoup comme le début officiel de la campagne pour un cinquième mandat. Mais, le SG du Front de libération nationale dont le président est le chef de l’Etat lui-même, a-t-il agi sur ordre venant d’« en haut » comme il a l’habitude de justifier ? La question est d’autant plus légitime, puisque c’est ce Ould Abbès qui, rien qu’il y a une semaine interdisait à tous les  militants du parti d’aborder cette question.

A une année de la présidentielle 2019, les observateurs estiment qu’il était temps, au cas où Abdelaziz Bouteflika serait partant pour succéder à lui-même, de lancer la machine. Pourtant, de sources sûres, l’on apprend que la présidence de la République ne serait pour rien dans la démarche de Djamel Ould Abbès. « Un signal officiel supposerait toute une campagne après l’appel du secrétaire général du FLN, notamment en mobilisant les médias proches du cercle présidentiel. Or, ces derniers sont appelés à adopter la prudence sur la question et ne pas donner trop d’importance aux propos d’Ould Abbès », affirment nos sources.

Prudence des alliés

D’où le doute sur l’initiative. Et il est fort probable que Djamel Ould Abbès ait agi seul. Une attitude qui va lui couter cher. Lui faire perdre son poste de SG de la première force politique de la majorité. 24 heures après sa déclaration, les autres partis (RND, TAJ, MPA…) et organisations (UGTA, ENJA, ONM, UNPA…) de la société civile soutiens du président depuis son arrivée au pouvoir ne se sont pas joints à la « cérémonie ». Interrogé par nos confrères de TSA sur le sujet, Chihab Seddik, porte-parole du RND, parti du Premier ministre Ahmed Ouyahia, a eu cette réponse pour le moins ambigüe : « Nous nous félicitons de l’appel lancé par le FLN ».

Le message codé de Bouteflika

En effet, une année nous sépare encore de l’élection présidentielle. Une période ouverte à tous les scénarios. Le président Bouteflika a, dernièrement appelé la classe politique « à une confrontation de programmes » dans « la course au pouvoir ». Certains observateurs l’ont interprété comme un signal du chef de l’Etat qu’il ne briguerait pas un 5e mandat, tandis que d’autres en ont vu tout le contraire.

La leçon Ksentini

Il est vrai qu’à analyser la présence importante du ministre des AE, Abdelkader Messahel et du conseiller du président, Benamar Zerhouni, hier aux cotés d’Ould Abbès, cela ressemblerait à un feu vert. Mais, force est d’admettre que la présidence a de tout temps, surpris par ses désaveux, même lorsqu’il s’agit des plus fidèles. En novembre 2017, Maitre Farouk Ksentini avait été démenti par les services du palais d’El Moauradia, sur sa « rencontre » avec le président où il avait dit avoir « constaté chez lui un grand désir de se représenter pour un cinquième mandat ». Dans un communiqué, la présidence avait qualifié ses propos de « pures affabulations ».

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