Saturday, December 2018

Démarche politique de Makri : le rejet diplomatique du FFS

Le FFS a reçu, lundi 23 juillet une délégation du MSP conduite par Abderrezak Makri. Ce dernier a entamé une série de consultations avec la classe politique dans l’objectif de convaincre de son initiative de consensus national.

Lire aussi: Pourquoi l’initiative de consensus de Makri a peu de chance d’aboutir

Le FFS qui, depuis 2013, fait du projet de ‘’reconstruction du consensus national’’ un objectif à atteindre et matière à discours partout dans les meetings, les institutions élues et à chaque fois qu’un évènement s’y prête, ne pouvait pas fermer les portes de son siège au MSP.

Cependant, lors de cette rencontre, le FFS a exposé et « réaffirmé » son projet de reconstruction du consensus national, « seule alternative » afin d’éviter au pays une crise majeure pouvant porter atteinte à son unité et à sa sécurité. En réaffirmant, comme l’a si bien précisé un communiqué du parti, et en considérant que son projet était « la seule alternative » à même de sortir le pays de la crise, le parti cher à Hocine Aït Ahmed décline de la manière la plus diplomatique l’offre du parti islamiste.

Le consensus recherché depuis 2014

En d’autres termes, il ne se sent pas concerné par une telle démarche dont les contours ne sont pas encore connus, sinon aux visés flous. Le MSP a, à maintes fois expliqué qu’il veut rencontrer tous les acteurs politiques sans exception, voire même « les vrais décideurs ».

Toujours dans le communiqué du FFS dont il faudrait lire entre les lignes, la direction de cette formation politique prend le soin de rappeler que « le processus (reconstruction du consensus) qui a été entamé en 2014 s’est confronté à l’absence de volonté politique du pouvoir ». Dans ce détail se trouve, en filigrane, un conseil au MSP : le pouvoir ne va pas céder.

Le peuple 

L’on se rappelle comment en 2014, le FLN dirigé à l’époque par Amar Saâdani, avait piégé le FFS. Après avoir exprimé sa disponibilité au dialogue, le parti du pouvoir fait une volteface et trace des « lignes rouges ». La suite est connue. La Conférence de consensus programmée dans cette perspective a tout simplement été « reportée ».

De là, vient l’autre élément du refus par le FFS de l’offre du MSP. Pendant que ce dernier cherche à asseoir autour de la table pouvoir et opposition, le FFS lui, se tourne désormais vers un autre interlocuteur : le peuple. Le parti affirme que le processus qu’il a entamé, malgré le manque de volonté du pouvoir, « se poursuivra en donnant la priorité à la mobilisation citoyenne pour réaliser un consensus populaire jusqu’à la concrétisation des objectifs fixés ».

Des interlocuteurs différents

Dire que les chemins des initiatives des deux partis ne se croisent jamais. L’un va à la rencontre des décideurs et des politiques, l’autre se dirige vers la population.

Gentiment donc, le FFS vient de signifier le premier « refus » à l’initiative du MSP qui occupe la chronique politique depuis quelques jours.

A moins que les objectifs réels du MSP ne soient pas ceux affichés publiquement, l’échec cuisant des consultations du FFS à l’époque n’ont pas découragé le MSP de faire la même chose….

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