Friday, December 2019

FFS : chronique de «neutralisation » du « cabinet noir », beaucoup de choses restent à faire     

Au Front des forces socialistes (FFS), on crie « le changement » ! Le congrès extraordinaire du plus vieux parti de l’opposition en Algérie, convoqué pour élire une nouvelle instance présidentielle après la démission d’Ali Laskri en février dernier, a mis fin à une hégémonie qui régnée durant des années. Celles des Baloul. Les congressistes,-les mêmes ayant participé au 5e congrès de 2013, à l’exception des radiés et exclus-, dont le nombre a dépassé les 600, ont donné leur voix à celui qui aura provoqué ce changement souhaité au fond des militants mais qui ne pouvait être exprimé jusque-là, de peur de représailles. Mais, est-ce la fin des tiraillements au FFS ? Pas si vite.

Ali Laskri, Mohand Amokrane Chérifi, Mme Hayet Tayati, Brahim Meziani et Chioukh Sofiane, sont les nouveaux patrons de l’Instance présidentielle du parti. La liste a été élus avec 224 voix contre 179 voix obtenues par l’autre liste conduite par l’ex-premier secrétaire, Mohamed Nebbou, les deux P/APW de Tizi-Ouzou et de Bejaia, Youcef Aouchiche et Mhena Hadadou, Mme Karima Bendjabri de Chlef, et Djamel Bahloul.

Laskri a résisté

Dans les coulisses de ce congrès qui s’est déroulé à huis clos à la mutuelle des matériaux de construction à Zéralda, il y avait de la tension, mais aussi des tractations de dernière minute. Aziz Baloul, jusque-là membre de l’IP dissoute automatiquement par la force des statuts (Art 48), « a tout fait pour convaincre Laskri de s’en tenir à la résolution du dernier Conseil national et accepter de compléter la liste actuelle », nous dit une source du parti. Donc, ajouter deux membres en plus de Chérifi, Baloul et Laskri. Ce dernier ne voulait rien lâcher, fort par le soutien des militants qui « le remercient de leur avoir donné l’occasion d’éjecter démocratiquement le Cabinet noir », ajoute notre source. Et par « Cabinet noir », on parle, outre Aziz, de Karim Baloul député d’Alger, du chef du groupe parlementaire Chafaa Bouaich, auxquels s’ajoute la ‘’revenante’’ Salima Ghezali. Un cercle dont, faut-il le dire, faisait partie Chérifi, voir même Laskri.

Chérifi a pesé  

D’où la fameuse question : Est-ce la fin du cabinet noir ? Si pour Ali Laskri, le soutien fort de la base pourrait le mener à rendre le parti concrètement à ses structures, il n’en demeure pas moins que beaucoup redoutent encore « la présence » de Mohand Amokrane Chéfiri, connu pour un homme qui s’adapte à toutes les circonstances et qui change de positions. Sa proximité avec les cercles du pouvoir est un secret de polichinelle.

 Méfiance

Pour notre source, la présence de Chérifi dans la liste de Laskri était « indispensable » pour gagner le pari contre le clan des Baloul. D’ailleurs, ces derniers n’ont pas vu venir « le coup » de Mokrane Chérifi qui a su se placer là où il faut. Comme ils n’avaient pas vu venir, un certain 11 février la démission de Laskri qui a provoqué, pour eux « l’irréparable ».

Djedaï dit « non » au clan

Convaincus qu’ils allaient d’avance perdre la partie, les hommes du cabinet noir tentent une autre option. Faire appel à un militant de qualité : Ahmed Djedaï, ancien premier secrétaire national. Ce fut peine perdue, puisque Djedaï a refusé de jouer le jeu. Il refusa l’offre des Baloul de rejoindre leur liste. L’ancien premier secrétaire  a surement en mémoire la façon avec laquelle il avait été écarté de toutes les structures du parti lors du congrès de 2013, alors que le bruit avait couru à l’époque qu’il serait l’un des membres de l’IP.

Changement doux, Djilani maintenu

Enfin, l’urne a tranché. Le congrès a imposé sa souveraineté. Laskri a bien poussé les Baloul à la porte, malgré une ultime tentative de Jugurtha, fils du défunt Hocine Aït Ahmed, qui, à travers un appel sur sa page facebook, a plaidé en faveur de la préservation du « consensus » et du « respect de la résolution du CN ». La joie était indescriptible à l’annonce des résultats.

Reste désormais à la nouvelle direction, de prouver sa capacité à réhabiliter le fonctionnement démocratique au sein du parti et rétablir le militant dans son rôle. Une mission qu’elle doit bien mener pour s’assurer une continuité lors du prochain congrès ordinaire prévu avant l’élection présidentielle 2019.

Mais, d’après notre source, la révolution se fera en douceur. Pour l’instant, la hiérarchie ne sera pas chamboulée. Mohamed Hadj Djilani « sera maintenu » à son poste de Premier secrétaire national. Sa réussite à gérer la crise et son soutien ‘’discret’’ de Laskri seront récompensés.

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