Friday, December 2020

France : L’écologiste Nicolas Hulot démissionne du gouvernement  

Faute d’avancées environnementales suffisantes à ses yeux, l’imprévisible Nicolas Hulot quitte son poste de ministre de la Transition écologique après un peu plus d’un an, une annonce surprise qui porte un coup au gouvernement.

« Je prends la décision de quitter le gouvernement », a déclaré Nicolas Hulot en direct sur France Inter, se sentant « tout seul à la manœuvre » sur les enjeux environnementaux au sein du gouvernement.

« Nous faisons des petits pas, et la France en fait beaucoup plus que d’autres pays, mais est-ce que les petits pas suffisent… la réponse, elle est non », a-t-il considéré, prenant de court ses intervieweurs comme toute la classe politique.

L’inconfortable costume de ministre

Aux avant-postes de la défense de l’environnement depuis près de 30 ans, Nicolas Hulot a été pendant 15 mois un ministre populaire se défendant sans cesse d’être au bord de la démission d’un poste qui ne l’a jamais fait rêver.

Nommé pour la première fois ministre en mai 2017 après avoir refusé maintes sollicitations, il a passé des mois sous la loupe de journalistes à l’affut du moindre signe de ras-le-bol et de défenseurs de l’environnement attendant de lui qu’il soit plus qu’une « caution verte » pour le gouvernement.

Celui que le président Emmanuel Macron a décrit comme « un inquiet » qui n’est « jamais satisfait » a sans cesse rejeté les rumeurs de démission et les accusations de renoncement, sur la sortie du nucléaire ou sur l’exploitation des hydrocarbures.

Mais il semble bien qu’il ait déjà pensé à quitter le navire, en indiquant mardi n’avoir pas prévenu le président et le Premier ministre de sa démission: sinon « ils m’en auraient une fois encore dissuadé ».

Déceptions

Si l’ex-présentateur vedette de l’émission « Ushuaïa » s’amusait parfois des commentaires récurrents sur les « couleuvres » qu’il était supposé avaler, il reconnaissait aussi des « déconvenues, de l’impatience et même parfois des éruptions de colère » quand les choses n’avançaient pas assez vite. « Je n’y crois plus », a-t-il finalement résumé mardi, assurant toutefois ne pas regretter « une seconde » d’avoir accepté le poste.

Juste après avoir contribué à l’abandon de Notre-Dame-des-Landes, sans doute sa plus belle victoire au gouvernement, il décrivait le « plaisir monstrueux » qu’il aurait à retourner dans l’ombre, assurant que ce poste serait son « ultime expérience publique ». « Ne me voyez aucune ambition politique (…) C’est terminé », a-t-il confirmé mardi.

Mais malgré les déceptions, certains défenseurs de l’environnement continuaient à voir en lui le meilleur avocat de la cause qu’il défendait depuis des décennies notamment en ayant eu l’oreille des présidents Chirac, Sarkozy et Hollande.

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