Saturday, May 2019

La contestation des augmentations des taxes en Jordanie fait tomber le Premier ministre

Le roi Abdallah de Jordanie a chargé lundi Omar al Razzaz, un ancien économiste de la Banque mondiale, de former un nouveau gouvernement après la démission de Hani Moulqi, suite aux manifestations contre la politique d’austérité, ont annoncé des médias locaux.

Le Premier ministre, Hani Mulqi, a démissionné lundi sur fond de protestations sociales qui secouent le pays depuis plusieurs jours, selon une source gouvernementale.

« Le Premier ministre Hani al Mulqi a présenté cet après-midi sa démission au roi, qui l’a reçu au palais royal à Amman (…) et l’a acceptée », a indiqué cette source citée par plusieurs médias. Plus tôt, « Le roi Abdallah II a convoqué le Premier ministre Hani Mulqi ce lundi avant midi (09H00 GMT) et cela pourrait aboutir à sa démission », ont ajouté des médias locaux.

A l’origine de cette démission, « un soulèvement populaire » après des mesures dénoncées par la population, notamment un projet d’impôt sur les revenus et des hausses des prix du carburant et de l’électricité. Dimanche soir, quelque 5.000 manifestants se sont rassemblés devant les locaux du Premier ministère à Amman, réclamant le départ de M. Mulqi.

Le projet de loi fiscal a été présenté sur recommandations du Fonds monétaire international (FMI). Il prévoit une augmentation d’au moins 5%  des impôts pour les particuliers et impose désormais les personnes ayant un salaire annuel de 8.000 dinars (environ 9.700 euros). Les impôts des entreprises doivent eux augmenter de 20 à 40%. Au Parlement, ce projet de loi est toutefois loin de faire l’unanimité.  Sur les 130 députés, 78 se sont dits opposés au texte qui, selon eux, ne sert pas les intérêts économiques et sociaux des Jordaniens.

Le nouveau premier ministre, Omar al Razzaz occupait le poste de ministre de l’Education dans le gouvernement sortant. Il devra prendre en charge les préoccupations exprimées par les jordaniens sortis manifestés dimanche dans la capitale, Amman, et dans les grandes villes de province, pour dénoncer les mesures d’austérité prises.

Selon des sources médiatiques locales, le Parlement va demander au roi de pouvoir tenir une session extraordinaire, une majorité des députés étant favorable à l’annulation des mesures d’austérité, selon le président de l’Assemblée.

Des syndicats représentant plusieurs dizaines de milliers de salariés des secteurs public et privé ont lancé un mot d’ordre de grève générale pour mercredi.

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