Le licenciement d’Halilhodzic au Japon était à cause d’un « choc culturel trop grand »

Vahid Halilhodzic a été licencié de son poste de sélectionneur du Japon à deux mois de la Coupe du monde en raison d’un « choc culturel » trop grand entre ses méthodes et la mentalité japonaise, a expliqué mardi à l’AFP son ex-adjoint Jacky Bonnevay.

Pour justifier ce licenciement du coach, le président de la Fédération japonaise de football (JFA) Kozo Tashima a dit que « les joueurs dans leur ensemble avaient perdu confiance en Vahid, que le management ne correspondait plus, qu’il y avait un problème de communication », a révélé Bonnevay.

« M. Tashima nous a précisé que c’était tout sauf un problème de résultat, qu’il avait essayé d’harmoniser les choses, mais que le courant ne passait plus » entre le groupe et l’entraîneur franco-bosnien âgé de 65 ans, a poursuivi le technicien français.

Une frustration

Il est « incontestablement frustré » de cette décision: « On avait travaillé pendant trois ans pour se qualifier, tout était prêt pour la Coupe du monde. C’est ma plus grosse déception professionnelle, j’ai trouvé ça violent ». « Le timing m’a semblé surprenant, a-t-il ajouté, j’aurais compris qu’on nous remercie au mois de décembre, qu’on nous dise: Merci, bravo, mais le choc des cultures est trop important, ça ne va pas le faire ». Le premier capitaine de l’Olympique de Marseille version Bernard Tapie, en 1986-1987, avait eu un pressentiment après la qualification des Samouraï Blue, première équipe qualifiée pour la Russie après le pays organisateur, dès la fin du mois d’août.

Incertitude

« J’avais une incertitude quand même car ils ne nous avaient pas prolongés en septembre mais seulement début janvier, j’avais quelques échos déjà sur le choc des cultures, a expliqué Bonnevay. S’ils voulaient absolument nous garder ils auraient pu nous prolonger plus tôt ».  L’entraîneur français, passé notamment par Nancy, Beauvais ou le Niger (adjoint de Gernot Rohr), a ajouté que Coach Vahid avait aussi fait progresser les joueurs japonais.

Mais en sélectionnant des jeunes joueurs d’avenir comme Shoya Nakajima, Yuya Kubo ou Yu Kobayashi, qui ne sont d’ailleurs pas dans la liste des 23, « il s’est aussi confronté au choc des cultures dans un pays où le respect des anciens est très important et où le joueur de 35 ans a la priorité sur le jeune de 20 ans », a ajouté Bonnevay.

« Cela avait de bons côtés que parfois Vahid les secoue un peu, a-t-il commenté. Il a voulu les sortir d’une espèce de naïveté et d’esprit chevaleresque, car jamais ils ne vont tomber pour obtenir un penalty. Il a voulu leur amener non pas du vice mais une certaine malice. »

Halilhodzic, qui a commencé à travailler avec Bonnevay à Trabzonspor en 2014, après avoir conduit l’Algérie en 8es de finale du Mondial, « voulait qu’ils parlent sur le terrain, qu’ils s’encouragent, prennent plus d’initiative, se libèrent même quand ils marquent un but à l’entraînement, bref qu’ils s’extériorisent. Il a réussi cela », a-t-il conclu.

Le 24 mai, les avocats de Vahid Halilhodzic ont assigné en justice la JFA et son président Kozo Tashima, réclamant un yen symbolique pour « rétablir l’honneur » de l’ancien sélectionneur.

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