Saturday, December 2019

Un chef de parti dérape et demande à Ouyahia d’interdire aux migrants d’entrer en Algérie

Au moment où le débat bat son plein en Algérie autour de la question des migrants, notamment subsahariens, un chef de parti politique commet ce qui ressemble à une idiotie, en appelant le Premier ministre à interdire ces personnes vulnérables d’entrée en territoire national.

Le sieur Omar Bouacha, président du Mouvement El-Infitah, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a, dans une correspondance envoyée ce dimanche 27 mai à Ahmed Ouyahia, estime que « l’expérience a démontré que ces africains qui vivent la misère et l’abandon sous les ponts,  portent des maladies contagieuses dans la société algérienne ». De plus, ajoute ce ‘’politique’’ qui n’a d’existence que le nom, « ils sont sources de bagarres avec des habitants de cartiers algériens ».

Autant de « raisons » qui le poussent à demander à Ouyahia de « prendre une décision d’interdiction aux africains d’entrée une seconde fois au territoire national, pour sécuriser le pays contre les maladies, le crime et les souffrances humaines ». Gravissime !

Le président de ce parti microscopique a propose à cet effet d’« ériger un centre de passage sur les frontières algériennes pour héberger pendant une période ces migrants avant de les renvoyer dans leurs pays d’origine ».

Non seulement la ‘’requête’’ est en contradiction avec la Constitution algérienne et les conventions internationales signées par l’Algérie en matière de respect des droits de homme, mais elle ne reflète en aucun cas les fondamentaux de la société algérienne et « l’hospitalité » exprimée dans la réaction officielle de l’Algérie aux critiques des ONG.

Encore une fois, la classe politique démontre à quel point l’offre de service peut mener à commettre des âneries d’un autre âge. Faute de produire, par incompétence, des réflexions et des analyses sur divers sujets liés à l’avenir de l’Algérie, certains responsables font dans l’excès de zèle et prônent un discours qui frise le ridicule.

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